26.09.2020 à 10:55

Formule 1La F1 dirigée par un ex-Ferrari

Stefano Domenicali a été nommé pour diriger Liberty Media, la société qui détient les droits commerciaux de la Formule 1. Avec Jean Todt en président de la Fédération et Ross Brawn en charge du sport, on se croirait revenu au bon vieux temps des titres de Michael Schumacher chez Ferrari.

von
Luc Domenjoz

Coucou qui revoilà?

Stefano Domenicali, grand patron de Ferrari en 2014.

Stefano Domenicali, grand patron de Ferrari en 2014.

KEYSTONE

Rarement personnalité aura autant rassemblé et fait l’unanimité: dans le paddock, tout le monde s’accorde pour louer les qualités de Stefano Domenicali, l’ancien patron de la Scuderia Ferrari.

Entré au sein de l’écurie italienne en 1991, dans un rôle purement administratif, l’Italien a grimpé les échelons jusqu’à en devenir directeur sportif en 2002, avant d’en devenir le grand patron en 2014, pour remplacer le Français Jean Todt.

Stefano Domenicali a gardé ce poste à haut risque deux ans seulement, avant de démissionner en mars 2016 et de devenir patron de Lamborghini.

Vendredi, il a quitté la prestigieuse marque pour être annoncé, quelques heures plus tard, comme le futur remplaçant de l’Américain Chase Carey à la tête de Liberty Media, la société qui détient les droits commerciaux de la Formule 1.

A 55 ans, Stefano Domenicali va donc diriger la discipline dès le 1er janvier prochain. Preuve de son intégrité, toutes les écuries lui ont souhaité la bienvenue et se sont félicitées de sa nomination.

Au début de l’été, Toto Wolff, le patron de Mercedes, avait été pressenti comme remplaçant possible de Chase Carey. Mais à l’époque, Ferrari avait opposé son veto à la nomination de l’Autrichien - la Scuderia est et reste la seule équipe à disposer d’un droit de veto sur les changements de règlement et de personnel de la F1.

Ferrari ne s’est évidemment pas opposée à l’arrivée à la tête de Liberty de son ancien patron, un atout de plus dans sa manche - quoique la neutralité de l’Italien face à la Scuderia ne soit pour le moment mise en doute par personne.

Avec la présence de Jean Todt (ancien patron de Ferrari de 1993 à 2006) en tant que président de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA), avec son ancien directeur technique Ross Brawn (aujourd’hui membre du trio de direction de la F1) et avec, désormais, Stefano Domenicali, la gouvernance de la Formule 1 ressemble à s’y méprendre à la Scuderia Ferrari du début des années 2000, celles qui faisaient les titres de Michael Schumacher.

Il est curieux que les écuries rivales de la Scuderia aient toléré cette drôle de situation…

Courses de qualifs contestées

Max Verstappen, ici à Silverstone, est réfractaire au changement.

Max Verstappen, ici à Silverstone, est réfractaire au changement.

KEYSTONE

Avant le début de la saison, avec certains circuits utilisés deux fois à une semaine d’intervalle (Spielberg, puis Silverstone), il avait été proposé d’organiser une course à la place des qualifications à l’occasion du deuxième week-end sur la même piste.

Pour former sa grille de départ, cette mini-course aurait inversé le classement du Grand Prix précédent, tandis que son résultat aurait alors constitué la grille de la course du dimanche. Vous suivez toujours?

Toutes les écuries étaient d’accord d’essayer cette formule innovante, histoire d’éviter deux courses identiques d’affilée. Toutes les écuries… sauf Mercedes, qui avait fait capoter un projet nécessitant alors l’unanimité des équipes.

Pour la saison 2021, plus besoin d’unanimité. Seule la majorité des voix de la commission de F1 (à laquelle participent aussi les circuits, les sponsors et la Fédération) étant requise.

Mais le changement risque de ne pas passer. Parce que depuis juin, la position de certaines équipes a changé. Si Red Bull s’avère toujours en faveur du projet, Max Verstappen, son pilote, s’y oppose avec son franc-parler habituel: «Franchement, il est ridicule que les écuries dépensent des millions pour concevoir la voiture la plus rapide pour ensuite la faire partir dernière!»

Pour Daniel Ricciardo comme d’autres, l’idée d’inverser la grille de départ dénature le sport: «J’ai peur que cela permette à n’importe qui de gagner des Grands Prix… pour moi, la victoire en F1 devrait être un trophée ne récompensant que les meilleurs.»

Il n’en reste pas moins que le Grand Prix d’Italie, qui a vu deux départs, et le Grand Prix de Toscane, qui en a vu trois, ont été très disputés et ont montré l’intérêt de pimenter le spectacle et de casser les sempiternelles doublés des Mercedes.

Car tant que l’on continue de faire partir la voiture la plus rapide devant les autres, il est évident que ses adversaires ont peu de chances de la rattraper, sans même penser à la doubler.

Alonso au travail

Pour préparer son retour au volant, la saison prochaine, Fernando Alonso a rendu visite à l’usine Renault de Enstone, en Angleterre, au cours de la semaine.

Il a notamment effectué plusieurs dizaines de tours sur le simulateur de l’écurie. A Sotchi, Cyril Abiteboul, le patron de l’équipe, n’a rien voulu révéler des performances de l’Espagnol. «Je n’étais pas sur place, je suis confiné à Viry (Viry-Châtillon, au bord de l’autoroute A6, en banlieue parisienne, où les moteurs Renault F1 sont produits, ndlr). Je n’ai pas le droit d’aller en Angleterre. Mais je ne veux rien dire de ce que Fernando a fait sur le simulateur, car j’avoue que ce n’est pas le point fort de notre écurie. Nous avons accumulé beaucoup de retard de ce côté autre d’investissements. »

L’écurie pense faire tourner le double champion espagnol sur une monoplace âgée de deux ans, comme le règlement limitant les essais le permet. «Nous envisageons aussi de faire rouler Fernando sur une voiture 2020 pendant le tournage d’un film, comme nous en avons le droit. Les possibilités de l’entraîner ne manquent pas.»

Ferrari: léger mieux

Les mécaniens au travail sur la voiture de Sebastian Vettel à Sotchi vendredi.

Les mécaniens au travail sur la voiture de Sebastian Vettel à Sotchi vendredi.

KEYSTONE

Au terme des trois heures d’essais du vendredi, les deux Ferrari se sont classées 8e et 10e. Soit un peu mieux que ce ne fut le cas en Italie, à Monza puis au Mugello.

A Sotchi, la Scuderia a apporté de petites modifications à la carrosserie de ses monoplaces, et le résultat semble positif. Mais Charles Leclerc ne s’emballe pas pour autant: «C’est mieux que ce que nous pensions. Mais sur ce circuit, la situation change tellement entre les essais et la course qu’il est difficile de trouver les bons réglages. Nous avons encore beaucoup de travail!»

En Toscane, Ferrari avait marqué 5 points grâce à la huitième place de Charles Leclerc et la dixième de Sebastian Vettel. C’étaient déjà cinq points de plus qu’à Monza, le week-end précédent, duquel Ferrari était rentrée bredouille.

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1 commentaire
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BMW

26.09.2020 à 12:48

De la magouille dans l'air