Solidarité: La fabuleuse histoire de Prajjwal en Suisse
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SolidaritéLa fabuleuse histoire de Prajjwal en Suisse

Atteint d’un cancer très rare, un jeune Népalais pourra se faire soigner en Suisse grâce à un élan de générosité qui passe par Lausanne et Bâle.

par
Eric Felley
Après sa chimiothérapie l’année dernière, Prajjwal devrait pouvoir être opéré à Bâle à la fin du mois.

Après sa chimiothérapie l’année dernière, Prajjwal devrait pouvoir être opéré à Bâle à la fin du mois.

DR

Un peu plus de 36 000 francs récoltés en deux semaines auprès de 280 contributeurs pour des sommes allant de 10 francs à 1000 francs… C’est le résultat d’un crowdfunding organisé par un Lausannois, Johann Recordon, et sa femme népalaise Reema en très peu de temps sur «wemakeit». L’objectif est d’arriver à 40 000 francs, de quoi financer en Suisse une opération pour soigner leur frère et beau-frère atteint d’un cancer rare impossible à soigner au Népal.

Prajjwal, c’est son nom, vit dans un village de montagne à l’ouest de Katmandou, où il est un soutien pour toute la famille. Hélas, l’année dernière, à 21 ans, le jeune homme découvre qu’il est atteint d’une tumeur de la taille d’une orange dans sa hanche. Elle est diagnostiquée comme «un ostéosarcome chondrogblastique», une forme très rare de cancer des os (0,01% des cas).

Il subit là-bas une première chimiothérapie pour faire cesser la progression du mal, mais il faut absolument enlever la tumeur, une opération très complexe, qui nécessite des spécialistes et une infrastructure qui fait défaut au Népal.
C’est là-bas que Reema, la grande sœur de Prajjwal, a connu le Lausannois Johann Recordon, passionné de bouddhisme tibétain et de culture népalaise. Ils se sont mariés en 2017, puis sont venus habiter en Suisse.

La situation leur frère et beau-frère au pays les a obligés à réagir. «Nous nous sommes démenés pour trouver une solution en Suisse, écrit Johann. Non seulement car nous vivons ici et pouvons accueillir et soutenir Prajjwal directement, mais aussi car nous étions convaincus de pouvoir y trouver une ou une spécialiste ayant de l’expérience dans ce cancer.»

Une oreille généreuse à Bâle

Après de nombreuses démarches, ils sont parvenus le médecin spécialiste Andreas Krieg, chef du centre des tumeurs osseuses et des tissus mous depuis 2012 à l’Hôpital universitaire de Bâle. Celui-ci a tout de suite compris leur démarche et les défis que cela représentait. Surtout, il a été d’accord. «Lui et son équipe, explique le Lausannois, ont passé gratuitement de nombreuses heures à analyser le dossier de Prajjwal afin de bien cerner la situation et de pouvoir confirmer qu’une résection de la tumeur serait possible pour fin janvier 2021. Son engagement a été tel qu’il a aussi réussi à convaincre l’Hôpital universitaire de Bâle de réduire au minimum les coûts des 21 jours d’hospitalisation prévus».

Il leur reste tout de même 65 000 francs à sortir ainsi que 5000 francs pour le voyage et les imprévus. «C’est le même prix qui serait facturé aux assurances pour un patient suisse, note-t-il, et moins de la moitié de ce qui serait normalement demandé pour un patient étranger».

20 000 francs ont été réunis avec les économies de la famille au Népal et en Suisse, un emprunt est éventuellement prévu. L’espoir est que le crowdfunding qui court jusqu’à la fin du mois dépasse les 40 000 francs pour pouvoir renoncer à l’utilisation des économies à l’emprunt. Mais aujourd’hui, il est quasi certain que Prajjwal pourra venir en Suisse pour se faire enlever sa tumeur d’ici à la fin janvier.

La mère, Reema et Johann Recordon, et Prajjwal lors de la traditionnelle Fête des couleurs en 2017.

La mère, Reema et Johann Recordon, et Prajjwal lors de la traditionnelle Fête des couleurs en 2017.

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