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Etats-UnisLa Fed lance un nouveau plan de soutien à l'économie

La Réserve fédérale américaine va racheter pour 40 milliards de dollars (37,5 milliards de francs) de dette immobilière par mois et poursuivre ses achats de titres jusqu'à ce que le marché du travail s'améliore.

A la Bourse de New York, les investisseurs ont été encouragés par le nouveau plan d'achat d'obligations de la Réserve fédérale américaine.

A la Bourse de New York, les investisseurs ont été encouragés par le nouveau plan d'achat d'obligations de la Réserve fédérale américaine.

AFP

Le lien direct établi par la Fed entre ce troisième plan d'«assouplissement quantitatif»(QE3) et l'évolution de la situation économique marque une inflexion marquante de la politique monétaire américaine. Celle-ci pourrait lui valoir des critiques de ses détracteurs.

Jeudi soir, le dollar cédait du terrain face à l'euro tandis que Wall Street accentuait sa progression après la publication des décisions du comité de politique monétaire. En fin de séance, l'indice Dow Jones gagnait 1,55%, un plus haut depuis fin 2007, tandis que l'euro a touché un plus haut depuis le 9 mai face au billet vert, à 1,2988 dollar.

L'emploi préoccupant

«Si les perspectives du marché du travail ne s'améliorent pas de manière significative, le comité continuera ses achats de prêts immobiliers titrisés (MBS), entreprendra des achats d'actifs supplémentaires et emploiera tous les instruments de politique monétaire appropriés jusqu'à ce qu'une telle amélioration soit obtenue dans un contexte de stabilité des prix», dit le communiqué de la Fed.

«Nous voulons voir plus d'emplois créés, un taux de chômage plus bas, une économie plus forte pour que l'amélioration soit durable dans le temps», a déclaré Ben Bernanke, président de la Fed. Il a également réaffirmé que la «situation de l'emploi (...) restait un grave sujet de préoccupation».

Autre évolution de la politique monétaire: la banque centrale précise qu'elle ne relèvera pas ses taux d'intérêt avant la mi-2015 au plus tôt, alors qu'elle évoquait jusqu'à présent l'échéance de la fin 2014.

Ces décisions interviennent alors que la politique de la Fed suscite un débat animé sur l'efficacité des mesures non- conventionnelles, critiquées entre autres par le candidat républicain à la présidence américaine, Mitt Romney.

2300 milliards de dollars

«(...) Nous prenons nos décisions en nous fondant uniquement sur l'état de l'économie et la nécessité pour l'économie d'une politique accommodante, donc nous ne prenons pas en compte des facteurs politiques. Nous pensons qu'il s'agit là de la meilleure manière de préserver notre indépendance et la confiance du public», a déclaré Ben Bernanke.

Il a également répété que les mesures de la Fed, tout en ayant représenté un vrai soutien pour l'économie, ne sont pas la «panacée (...) pour résoudre les problèmes» de cette dernière. La Fed a déjà consacré 2300 milliards de dollars (2157 milliards de francs) aux deux premiers plans d'assouplissement quantitatif (QE), ce qui s'est traduit par un gonflement de son bilan.

Le plan annoncé jeudi diffère des précédents notamment car la Fed ne s'est fixé aucune limite de temps, optant au contraire pour un objectif en terme de niveau de chômage.

L'économie américaine n'a créé que 96'000 emplois le mois dernier, un chiffre bien inférieur au niveau nécessaire pour faire baisser le taux de chômage, qui atteint encore 8,1%.

Prévision de croissance abaissée

La Réserve fédérale américaine a également annoncé avoir abaissé sa prévision de croissance pour 2012 tout en relevant celles de 2013 et de 2014.

La banque centrale américaine s'est également montrée un peu plus optimiste en matière d'emploi et n'a guère modifié ses anticipations en termes d'évolution des prix à la consommation, qui ne devraient pas, selon elle, augmenter de plus de 2% dans les trois années qui viennent.

Pour cette année, la Fed voit un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 1,7% à 2,% contre une fourchette d'estimations de 1,9%- 2,4% fournie en juin. En revanche, le PIB devrait augmenter de 2,5% à 3% en 2013 puis de 3% à 3,8% en 2014 contre des fourchettes de prévisions précédentes de respectivement 2,2%-2,8% et 3%-3,5%.

La Fed voit toujours un taux de chômage compris entre 8% et 8,2% en 2012. Ce taux devrait ensuite revenir, selon elle, à 7,6%-7,9% en 2013 puis à 6,7%-7,3% en 2014 alors qu'elle attendait auparavant pour ces deux années 7,5%-8% et 7%-7,7%.

Wall Street s'envole

La Bourse de New York s'est envolée jeudi, dopée par l'annonce d'une nouvelle augmentation du soutien financier de la Réserve fédérale américaine (Fed) à l'économie américaine: le Dow Jones s'est apprécié de 1,53% et le Nasdaq de 1,28%.

(ats)

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