France - La femme retrouvée dans le Doubs aurait été tuée par son compagnon
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FranceLa femme retrouvée dans le Doubs aurait été tuée par son compagnon

Le procureur en charge du dossier a indiqué que la quinquagénaire retrouvée morte vendredi soir avait été probablement victime d’un féminicide.

Étienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon.

Étienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon.

AFP

La femme retrouvée morte dans le coffre de sa voiture vendredi soir dans le Doubs a «très probablement» été tuée par son compagnon, mortellement blessé ensuite par le tir d’un gendarme après s’être montré ultra-violent, a indiqué dimanche le procureur de la République de Besançon.

La victime, âgée de 54 ans et mère de deux filles majeures, présentait des «coups multiples» au niveau de la tête qui était «violacée», a indiqué Étienne Manteaux. Son compagnon, 39 ans, blessé au thorax par le tir d’un gendarme, a confié à un pompier avant de s’écrouler qu’il avait «tabassé» sa conjointe car elle l’avait «trompé», a poursuivi le procureur. «Nous sommes très probablement en face d’un féminicide», a-t-il ajouté. L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie.

Éléments concordants

La garde à vue du gendarme auteur du tir a été levée, selon Étienne Manteaux, qui évoque de premiers «éléments concordants» permettant d’envisager un tir «de légitime défense», le forcené ayant déployé une grande violence face aux forces de l’ordre.

Les faits remontent à vendredi soir, dans le village de Guillon-les-Bains, près de Besançon. Le corps de la quinquagénaire avait été retrouvé par des gendarmes dans le coffre de sa voiture, visiblement endommagée et stationnée au bord d’une route sur les hauteurs du village.

Les militaires avaient été appelés pour maîtriser son conjoint qui, extrêmement excité, semait notamment la panique dans une fête du village, en contrebas. Alertés par une personne frappée au visage avec une pierre, les pompiers ont aussi fait les frais de sa «rage»: il a frappé l’un d’eux et poursuivi en courant les soldats du feu qui rebroussaient chemin dans leur camion, selon Étienne Manteaux. Lors de la fête, les villageois munis «de pelles» et de «balais» ont réussi à le mettre en fuite, a précisé le procureur.

Un forcené

Sur les hauteurs du village, il a voulu s’emparer d’un camion de pompiers, avant de partir dans la forêt et d’en revenir armé de pierres. C’est là, après les sommations d’usage, qu’un gendarme lui a tiré dessus «à une reprise», sans savoir s’il l’avait touché en raison de l’obscurité, selon Étienne Manteaux.

Le forcené a encore tenté de prendre un véhicule de gendarmerie, avant qu’une élève-gendarme n’utilise son taser pour l’arrêter. Enfin maîtrisé, il a confié à un pompier le meurtre de sa conjointe. Hospitalisé, il est décédé quelques heures plus tard à l’hôpital.

Le parquet de Besançon n’avait reçu aucun signalement pour violences conjugales concernant ce couple, domicilié dans les environs. Toutefois, l’une des filles de la victime dit avoir déjà assisté à une «scène de violence» du conjoint sur la quinquagénaire, selon Etienne Manteaux.

Le suspect, chaudronnier de profession, avait deux mentions à son casier, pour vol et conduite en état alcoolique, avait indiqué samedi le parquet de Besançon. Le couple s’était semble-t-il formé y a «quelques mois» mais ils se connaissaient depuis plus longtemps, a expliqué le procureur.

Les autopsies auront lieu en début de semaine.

(AFP)

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