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SurveillanceLa filiale de Hongkong plonge Credit Suisse dans l'embarras

A plusieurs reprises, le siège de Zurich a découvert par la presse l'ampleur des activités offshore de sa succursale de Hongkong. La FINMA va s'y pencher.

par
François Pilet
Titus Plattner
Credit Suisse est installé dans une des plus hautes tourS de Hongkong. C'est depuis cette filiale que la banque suisse avait ouvert une société offshore pour le fils du premier ministre chinois en 2006. Aujourd'hui, Credit Suisse dit ne plus en retrouver la trace.

Credit Suisse est installé dans une des plus hautes tourS de Hongkong. C'est depuis cette filiale que la banque suisse avait ouvert une société offshore pour le fils du premier ministre chinois en 2006. Aujourd'hui, Credit Suisse dit ne plus en retrouver la trace.

Rob Welham/Camera Press/Keystone

«Beaucoup de perplexité», voilà l'expression qu'ont utilisée les porte-parole de Credit Suisse pour décrire leur réaction quand «Le Matin Dimanche» et la SonntagsZeitung les ont approchés, au milieu du mois de décembre, en préparation de la publication d'une série d'articles avec la cinquantaine de médias partenaires d'Offshore Leaks.

Nos questions portaient sur les activités offshore de la banque avec sa clientèle chinoise. Pourquoi, par exemple, la filiale de Hongkong de Credit Suisse avait-elle aidé le fils du premier ministre chinois en exercice à ouvrir une société écran, Trend Gold Consultants Limited, aux îles Vierges britanniques en 2006? L'embarras de Credit Suisse, perceptible dans les échanges qui ont suivi, laisse penser que tout n'était peut-être pas sous contrôle. Et que le siège de la banque à Zurich n'a peut-être pas toujours été informé comme il aurait dû par sa filiale de Hongkong.

Cette situation est d'autant plus difficile à expliquer que les banques suisses sont contraintes par la loi d'adopter une «diligence accrue» à l'égard des «personnes exposées politiquement», appelés PEP dans le jargon bancaire. Selon le professeur de droit bancaire Christian Bovet, «la violation de ces obligations n'est pas seulement contraire aux règles de la loi sur le blanchiment, elle est aussi en contradiction avec la garantie d'une activité irréprochable des dirigeants concernés, comme de la banque elle-même. Elle peut avoir des conséquences sérieuses sur le plan de la surveillance.»

C'est maintenant à l'autorité suisse de surveillance des banques, la FINMA, qu'il reviendra d'éclaircir les faits. Suite au retentissement mondial des révélations d'Offshore Leaks, le gendarme des banques a confirmé qu'il se pencherait sur l'affaire.

Pour en savoir plus, consultez la nouvelle application Le Matin Dimanche sur iPad ou notre E-Paper pour une lecture sur votre ordinateur personnel.

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