Actualisé 28.11.2014 à 12:11

MobilisationLa fonction publique genevoise menace de faire grève

Les syndicats ont voté jeudi sur le principe d'une grève d'une demi-journée ou d'une journée le 18 décembre prochain.

Les syndicats veulent que le gouvernement fasse machine arrière.

Les syndicats veulent que le gouvernement fasse machine arrière.

Keystone

A Genève, le mois de décembre promet d'être agité à l'Etat. Ce vendredi 28 novembre, les syndicats de la fonction publique, opposés aux mesures d'économies figurant dans le projet de budget 2015, ont brandi la menace d'une grève. Ils veulent que le gouvernement fasse machine arrière.

Les délégués du Cartel intersyndical de la fonction publique, ceux du syndicat des services publics (SSP) et ceux du groupement des associations de la police (GAP), réunis jeudi en assemblée, ont voté sur le principe d'une grève d'une demi-journée ou d'une journée le 18 décembre, soit le jour des débats sur le budget au Grand Conseil.

Réductions d'effectifs

Les coupes linéaires envisagées dans l'administration par l'exécutif inquiètent au plus au point les associations du personnel de l'Etat. Outre leur impact sur les prestations et la détérioration des conditions de travail qu'elles entraîneraient, elles conduiraient aussi à des réductions d'effectifs, voire à des licenciements.

«On arrive à l'os», a déclaré devant la presse Davide De Filippo, membre du bureau du Cartel. Les syndicats veulent aussi l'abandon du projet de réévaluation des salaires de la fonction publique SCORE, qui impliquera une diminution de salaire pour un fonctionnaire sur deux.

Attaques tous azimuts

Des projets de loi déposés par les partis de droite sont aussi une source de grande inquiétude pour la fonction publique. L'UDC propose ainsi d'augmenter le temps de travail hebdomadaire de 40 heures à 42 heures. Le PLR et le PDC veulent que les employés de l'Etat paient la moitié de leurs cotisations LPP, au lieu d'un tiers aujourd'hui.

«Il est hors de question pour les syndicats de se laisser faire», a souligné M.De Filippo. Un préavis de grève pourrait également être lancé pour le mois de janvier, car rien n'assure que le budget 2015 sera voté en décembre, a ajouté le syndicaliste, qui reste persuadé que les attaques contre la fonction publique vont se multiplier.

Pour Marco Spagnoli, du SSP, le personnel des TPG, en faisant grève, a montré la voie à suivre. «Si nous ne réagissons pas, la situation ne fera qu'empirer», a-t-il souligné, avec au bout du compte l'annonce inéluctable «de licenciements massifs» dans les services de l'Etat de Genève.

La police solidaire

La police, de son côté, appuie totalement les revendications de l'administration. «Nous nous alignerons, y compris en ce qui concerne la grève», a fait savoir Christian Antonietti le président du GAP. La police mettra sur pied en cas de grève un service minimum dont les modalités doivent encore être définies.

Dans l'administration carcérale, les tensions sont également palpables. Les gardiens n'entendent pas rester les bras croisés face à la dégradation de leurs conditions de travail due au manque d'effectifs. «Des actions syndicales seront menées à la prison de Champ-Dollon», a averti M.Antonietti.

Pour les syndicalistes, les attaques menées contre la fonction publique sont un mauvais signal pour les salariés du secteur privé, qui risquent de subir le même sort. «L'Etat doit servir de modèle positif et non pas négatif», a relevé M.Spagnoli. Il doit aussi être à l'avant-garde sur les questions sociales.

(ats)

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