11.10.2019 à 10:09

La fonction synaptique liée au besoin de sommeil

Neuroscience

Des chercheurs zurichois ont démontré que le manque de sommeil prive le cerveau de protéines-clés nécessaires aux activités synaptiques.

Le manque de sommeil interrompt abruptement le cycle journalier de près d'un millier de phosphoprotéines.

Le manque de sommeil interrompt abruptement le cycle journalier de près d'un millier de phosphoprotéines.

illustration, Keystone

Il est connu que la privation de sommeil provoque divers troubles. Des chercheurs zurichois viennent de montrer sur la souris que le manque de sommeil prive le cerveau de protéines-clés nécessaires aux activités synaptiques, en particulier à la plasticité. Ces travaux sont publiés dans la revue Science.

Le sommeil est un processus vital. Une privation durable provoque immanquablement des dysfonctionnements, cognitifs notamment, et le seul moyen d'y remédier est précisément un sommeil paisible. Dans deux études, des équipes internationales avec participation de l'Université de Zurich montrent que la fonction synaptique reflète le temps passé en veille et en sommeil.

Les auteurs ont étudié le rythme circadien d'ARN messagers (ARNm) synaptiques et la quantité de protéines produites pendant des phases de 24 heures chez des souris privées de sommeil, comparées à d'autres qui dormaient normalement. Les ARNm sont utilisés comme intermédiaire par les cellules pour la synthèse des protéines.

Influence indépendamment du rythme circadien

Les résultats indiquent que près de 70% des ARNm ainsi que de nombreuses protéines et phosphoprotéines montrent des oscillations circadiennes. Chez les souris privées de sommeil, le cycle des ARNm reste peu affecté, mais pour pratiquement toutes les protéines - d'importance critique pour les fonctions synaptiques - le rythme quotidien était perdu.

Ces travaux laissent penser que la pression exercée sur l'organisme par le sommeil a une influence sur le cerveau indépendamment du rythme circadien. La seconde étude montre que le manque de sommeil interrompt abruptement le cycle journalier de près d'un millier de phosphoprotéines, dont de nombreuses kinases, des enzymes jouant un rôle central dans la plasticité et la santé cellulaire.

(ats)

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