04.03.2014 à 11:56

SciencesLa fonte du permafrost, un risque pour la santé

Un nouveau type de virus géant âgé de plus de 30 000 ans a été découvert dans le sol gelé de Sibérie.

Un homme pêche à travers la glace à côté d'une Station scientifique proche de Chersky, dans le nord de la Sibérie.

Un homme pêche à travers la glace à côté d'une Station scientifique proche de Chersky, dans le nord de la Sibérie.

Keystone

Ce nouveau type de virus géant, baptisé «Pithovirus», a survécu plus de 30 000 ans à la congélation, dans une couche de permafrost sibérien contemporaine de l’extinction de l’homme de Neandertal, selon une étude publiée par l'Académie des sciences américaines.

Les virus géants (d’un diamètre supérieur à 0,5 millionième de mètre) sont, contrairement aux autres virus, aisément visibles avec un simple microscope optique.

Ces virus, qui infectent les amibes, renferment un très grand nombre de gènes par rapport aux virus courants (ceux de la grippe ou du sida n’en contiennent qu’une dizaine). Leur taille (et leur génome) est comparable à celle de nombreuses bactéries, voire les dépasse.

Risque de réémergence de virus éradiqués

«La démonstration que des virus enfouis dans le sol il y a plus de 30.000 ans puissent survivre et être encore infectieux suggère que la fonte du permafrost due au réchauffement climatique et l’exploitation minière et industrielle des régions arctiques pourraient comporter des risques pour la santé publique», souligne Jean-Michel Claverie, co-auteur de l’étude.

«La possibilité d’une réémergence de virus considérés comme éradiqués, comme celui de la variole qui se multiplie de façon similaire à celle des Pithovirus, à partir de ce grand frigo qu’est le permafrost, ne relève plus d’un scénario de science-fiction», dit-il, en rappelant que la variole a sévi dans le temps en Sibérie.

Son laboratoire mène une étude «métagénomique» du permafrost, qui va permettre d’évaluer ce risque. «Il s’agit de chercher de l’ADN, c’est-à-dire les empreintes génétiques de virus (ou de bactéries) pathogènes pour l’Homme pour voir s’il y a par exemple des traces de variole dans des échantillons de cette couche de permafrost pris à 30 mètres de profondeur, explique le chercheur.»

(AFP)

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