La forme des capsules Nespresso n'est pas une marque
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Justice La forme des capsules Nespresso n'est pas une marque

Le Tribunal fédéral a rejeté un recours de Nestlé dans le bras de fer engagé entre le No 1 mondial de l'alimentation et la société Ethical Coffee, qui a fait faillite en 2018.

En Suisse, les concurrents de Nespresso pourront davantage s’inspirer du design des célèbres capsules. 

En Suisse, les concurrents de Nespresso pourront davantage s’inspirer du design des célèbres capsules.

Daniel Desborough

La forme des dosettes Nespresso ne peut pas être une marque protégée, a affirmé mardi le Tribunal fédéral, mettant fin à un très long feuilleton à l’initiative du géant de l’agroalimentaire Nestlé. Les juges de Mon-Repos ont estimé qu’une forme ne peut pas être enregistrée comme marque si elle doit être reprise par un concurrent qui souhaite commercialiser un produit similaire. «Nous sommes surpris et déçus de la décision du Tribunal fédéral. Cependant, nous acceptons cette décision et continuerons de nous concentrer sur offrir des produits innovants de grande qualité à l’ensemble de nos clients», a commenté Nespresso, interrogé par l’AFP.

Long bras de fer

En septembre 2011, Nestlé et Nespresso avaient saisi la justice du canton de Vaud, afin d’interdire la vente des capsules de la société Ethical Coffee. Celle-ci – qui a fait faillite en 2018 – avait mis au point une capsule de forme similaire à l’original de Nespresso et compatible avec les machines de la marque mais constituée non pas d’aluminium mais de fibres végétales et d’amidon biodégradables. Ces capsules ont été vendues en France et en Suisse dès le début des années 2010.

Refus des juges vaudois

La justice vaudoise avait rejeté la demande d’interdiction et constaté la nullité de la marque distinctive accordée par l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI). Le droit des marques permettait à Nespresso de renouveler la protection tous les 10 ans indéfiniment. Mais Nestlé, insatisfait de la décision de la justice vaudoise, a saisi le tribunal fédéral.

Une forme nécessaire

Dans son arrêté très fouillé où l’on trouve de nombreux dessins techniques de dosettes réelles ou fictives et de photos des conteneurs concurrents mais aussi des considérations de ce qui fait la qualité d’un café, le Tribunal fédéral estime que les dimensions extérieures, les angles des parties coniques, la collerette à la base et la capacité en café ont été développés afin de garantir un fonctionnement optimal dans le compartiment à capsule Nespresso.

Dans la mesure où les concurrents doivent composer avec ces paramètres, ils ne disposent pas d’une grande marge de manœuvre, ont estimé les juges, qui soulignent que les capsules alternatives présentent d’ailleurs une forme très similaire à celles de Nespresso, dont elles se distinguent par des créneaux ou des rayures, par exemple, et une étude de notoriété a montré qu’elles ne se différenciaient pas dans l’esprit des consommateurs.

(AFP)

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