Formule 1 - La Formule 1 joue au poker avec son calendrier
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Formule 1La Formule 1 joue au poker avec son calendrier

Contrairement aux propos rassurants de ses dirigeants, la F1 va devoir modifier son programme en profondeur pour faire face à la nouvelle situation sanitaire.

par
Luc Domenjoz

Texas Hold’em

Cette fameuse variante du jeu de poker, le Texas Hold’em, va probablement s’appliquer à la F1: le Texas va retenir le championnat deux fois.

Le Grand Prix des Etats-Unis aura bien lieu le 24 octobre prochain - et il a déjà battu un record historique de nombre de billets vendus -, mais il devrait être doublé du Grand Prix du Texas, la semaine précédente ou la suivante.

Le championnat va ainsi probablement se réduire à 21 courses au lieu de 23.

Les dirigeants de la F1 ne cessent de dire que tout ira bien et que les 23 courses prévues cette saison auront bien lieu, mais ils vont bientôt se retrouver à court de possibilités pour organiser des courses de remplacement. Le Grand Prix du Japon, prévu le 7 octobre, n’aura probablement pas lieu, et on apprend maintenant que le Grand Prix du Mexique, le 31 octobre, est plus que menacé, ainsi que le Grand Prix du Brésil, deux semaines plus tard.

Stefano Domenicali, le patron de la F1, insiste pour dire qu’au Brésil, les principaux foyers de contamination se trouvent à Manaus, au nord du pays, et non à São Paulo. Mais il aura beaucoup de mal à justifier une course dans un pays où les écuries et les pilotes n’ont plus envie de se rendre. Le championnat va ainsi probablement se réduire à 21 courses au lieu de 23. Le variant Delta aura été plus fort que les dirigeants de la discipline.

L’Arabie Saoudite en dernier

De même, pour éviter la quarantaine nécessaire pour entrer en Grande-Bretagne au retour des Emirats Arabes Unis, il est probable que le Grand Prix d’Abu Dhabi soit inversé avec celui d’Arabie Saoudite, la nouveauté de la saison, sur le circuit côtier de Jeddah, qui terminera ainsi le championnat 2021 le 12 décembre.

A ce sujet, plusieurs pilotes ont émis des réserves sur la présence de la F1 dans un pays où les droits de l’homme ne semblent pas être la préoccupation principale des dirigeants.

«J’en ai vu deux, je ne dirai pas lesquels, mais il n’y avait pas Lewis Hamilton.»

Prince Khalid Bin Sultan Al Faisal, membre du comité d’organisation de l’épreuve, a discuté avec certains pilotes.

A Silverstone, il y a deux semaines, le Prince Khalid Bin Sultan Al Faisal, du comité d’organisation de l’épreuve, a proposé de discuter avec les pilotes pour évoquer leurs soucis au sujet des droits de l’homme. «J’en ai vu deux, je ne dirai pas lesquels, mais il n’y avait pas Lewis Hamilton», a commenté le Prince.

Le septuple champion du monde a en effet remarqué que se rendre en Arabie saoudite constituait pour lui un «immense problème».

Pour le pilote britannique Lewis Hamilton, se rendre en Arabie saoudite est un «immense problème» en raison de la situation des droits de l’homme. 

Pour le pilote britannique Lewis Hamilton, se rendre en Arabie saoudite est un «immense problème» en raison de la situation des droits de l’homme.

AFP

Si ça l’est, la F1 l’accepte en échange de la manne payée par le pays pour organiser la course - les rumeurs parlent d’un montant record de 65 millions de dollars par an, sur 10 ans. A ce prix-là, apparemment, la F1 veut bien fermer les yeux!

Dans l’histoire, il faut admettre que la F1 ne s’est jamais embarrassée de considérations humanitaires (Bernie Ecclestone, l’ancien détenteur des droits commerciaux, affirmait qu’il ne faisait pas de politique). Des Grands Prix se sont ainsi disputés en Argentine au temps de la dictature des Colonels, ou en Afrique du Sud au temps de l’apartheid…

Mick Schumacher coûte trop cher

«Pour l’instant, on peut encore tout juste financer les réparations, mais ça ne sera bientôt peut-être plus possible.»

Günther Steiner, patron de l’écurie Haas.

Samedi matin, Mick Schumacher a écrasé sa Haas VF-21 contre les rails du virage 11 du circuit de Budapest.

Un accident très violent, au cours duquel le pilote a encaissé 31 G. Et sa voiture aussi. «Ces cinq dernières courses, Mick a causé énormément de dégâts sur la voiture, tout ça nous coûte très cher», tonne Günther Steiner, le délicieux patron de l’écurie Haas.

«Au début de saison, c’était Nikita (Mazepin, l’équipier de Mick Schumacher), mais maintenant c’est Mick. Un accident au cours des essais libres, ce n’est pas nécessaire. Pour l’instant, on peut encore tout juste financer les réparations, mais ça ne sera bientôt peut-être plus possible.»

Le pilote allemand, pour sa part, a expliqué que sa voiture est très instable. «Elle a commencé à glisser au virage 7, les pneus ont patiné et surchauffé. Le phénomène s’est amplifié au virage 9, et je suis sorti au 11… La voiture est très sensible au vent et à la surchauffe des pneus.» Mick Schumacher risque bientôt d’être aussi sensible à la surchauffe de son patron.

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