Crise énergétique : La France aide les boulangers et menace les énergéticiens

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Crise énergétique La France aide les boulangers et menace les énergéticiens

Etranglés par leurs factures d’électricité, les artisans français pourront rompre leur contrat en cas de hausse de prix «prohibitive». Paris a également haussé le ton envers les fournisseurs d’énergie. 

En pleine crise énergétique, le gouvernement français vole au secours des 33’000 boulangers de France. 

En pleine crise énergétique, le gouvernement français vole au secours des 33’000 boulangers de France. 

AFP

Les boulangers, frappés de plein fouet par l’inflation, pourront résilier sans frais leur contrat de fourniture d’énergie en cas de hausse de prix «prohibitive» et pour autant qu’elle «menace la survie de l’entreprise», a annoncé mardi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Eviter la «double peine»

Cette mesure «exceptionnelle» qui cible exclusivement les boulangers sera appliquée «au cas par cas» par les énergéticiens, a averti le N.2 du gouvernement à l’issue d’une réunion au ministère avec les fournisseurs d’électricité et de gaz. Elle vise en priorité les artisans qui subissent la «double peine» de la hausse du prix de l’énergie et des matières premières, comme le blé.

Les fournisseurs présents mardi à la réunion – EDF, Engie, TotalEnergies mais aussi l’Anode qui représente les énergéticiens autres que les anciens monopoles – se sont aussi engagés à pleinement appliquer une charte qu’ils ont signée en octobre et que les boulangers et Bruno Le Maire les accusent de ne pas respecter. «Ceux qui ne s’engagent pas, dans les jours qui viennent, à la faire respecter verront leur nom divulgué publiquement», a menacé le ministre.

Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

AFP

Report de charges sociales et fiscales 

Le gouvernement a aussi exigé des fournisseurs d’énergie qu’ils fassent apparaître plus clairement sur les factures de leurs clients les rabais dont ils bénéficient au titre de «l’amortisseur électricité», un mécanisme de soutien mis en place à l’automne et qui consiste pour l'exécutif à prendre en charge une partie des frais énergétiques. «L’ensemble des fournisseurs se sont engagés à faire figurer dans la facture de janvier, qui arrivera courant février, le bénéfice de l’amortisseur», a affirmé Bruno Le Maire. Enfin, ils se sont tous «engagés à proposer des facilités de paiement aux PME et TPE», a-t-il ajouté.

Dans la matinée, le gouvernement avait déjà annoncé que les petites entreprises, et en particulier les boulangeries, pourraient bénéficier d’un report de charges sociales et fiscales pour préserver leur trésorerie, ainsi que d’un étalement du paiement de leurs factures.

(AFP)

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