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Attentat de NiceLa France confrontée à un nouveau type d'attentat

Il «semble» que l'auteur de l'attentat au camion frigorifique de Nice se soit «radicalisé très rapidement», selon les autorités.

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Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

AFP
Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

AFP

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l'attentat de Nice sur la Côte d'Azur. L'ampleur, le mode opératoire et le profil de l'auteur de ce carnage placent la France face à «un attentat de type nouveau» selon les autorités.

Encore sous le choc de cette tuerie de masse perpétrée à l'aide d'un camion - une première en France -, des rescapés ou des proches des victimes cherchaient samedi des informations ou du soutien psychologique dans plusieurs hôpitaux de cette ville du sud-est.

Quatre-vingt-quatre personnes, dont dix enfants et adolescents, ont été tuées jeudi soir sur la célèbre Promenade des Anglais de Nice à l'issue du feu d'artifice de la fête nationale du 14 juillet. Cinq enfants étaient toujours samedi entre la vie et la mort, dont un garçon de huit ans non identifié. Seize corps étaient n'étaient toujours pas identifiés.

Radicalisation très rapide

L'auteur de l'attaque est un Tunisien âgé de 31 ans. L'EI l'a présenté dans sa revendication comme «un soldat de l'Etat islamique». Il semblait toutefois avoir davantage un profil de déséquilibré jusque-là. Il était inconnu des services de renseignement et n'avait pas de liens avérés avec l'islamisme radical.

«Il semble qu'il se soit radicalisé très rapidement, ce sont des premiers éléments qui apparaissent à travers les témoignages de son entourage», a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à l'issue d'une réunion de crise du gouvernement à l'Elysée.

«Nous sommes désormais confrontés aux individus qui sensibles au message de Daech (acronyme arabe de l'EI) s'engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés et sans disposer d'armes destinées aux attentats de masse», a ajouté M. Cazeneuve. «Nous sommes face à un attentat de type nouveau».

Le chauffeur était seulement connu de la justice pour des «faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016». Selon son père, il avait fait une dépression au début des années 2000 et n'avait pas de pratique religieuse affichée.

Cohésion nationale mise à mal

Quatre hommes de l'entourage du Tunisien ont été placés en garde en vue. L'ex-épouse du tueur, abattu par la police après l'attentat, était toujours en garde à vue samedi matin.

L'attentat de Nice constitue la troisième attaque de masse ayant visé la France, après les attentats de janvier 2015 contre le journal Charlie-Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et les tueries de novembre 2015 (130 morts à Paris).

Plusieurs responsables de droite et d'extrême droite ont accusé les autorités de ne pas avoir pris de mesures de sécurité suffisantes. Marine Le Pen, à la tête du Front national, a par ailleurs appelé samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à la démission. Selon elle, l'attentat de Nice illustre les «carences gravissimes» de l'Etat depuis la vague d'attaques déclenchée en 2015.

Pendant la réunion de crise samedi, le président français François Hollande a lancé un appel à la «cohésion» et à «l'unité» en France et dénoncé les «tentations de diviser un pays», selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Procédure pénale en Suisse

Au moins 17 étrangers ont trouvé la mort dans l'attaque, dont quatre Tunisiens, trois Allemands, trois Algériens, deux Américains et deux Suisses. Une minute de silence sera observée lundi à 12h00 en hommage aux victimes.

Le procureur général de la Confédération a ouvert une procédure pénale suite à l'attentat survenu à Nice. Il s'agit d'une pratique «standard», selon Michael Lauber, dès lors que des Suisses figurent parmi les victimes.

(ats)

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