Coronavirus: France: levée «progressive» du confinement le 11 mai
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CoronavirusFrance: levée «progressive» du confinement le 11 mai

Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé jeudi comment il comptait remettre en marche l'Hexagone. La carte du déconfinement a été mise à jour.

Edouard Philippe est attendu sur de nombreux sujets qui restent encore à clarifier, notamment en matière d'écoles et de transports publics.

Edouard Philippe est attendu sur de nombreux sujets qui restent encore à clarifier, notamment en matière d'écoles et de transports publics.

Après plusieurs pays européens, la France se prépare à son tour à un déconfinement prudent, à compter de lundi. La mesure sera toutefois accompagnée avec de strictes restrictions autour de Paris et dans tout le nord-est du pays, toujours une «zone rouge».

Au vu de la situation sanitaire «la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai», a confirmé jeudi le Premier ministre Edouard Philippe. Le pays est néanmoins «coupé en deux» entre départements «verts» et «rouges», où la circulation du virus est plus active, avec une plus grande pression sur le système hospitalier.

Dans cette zone «rouge», de nombreuses restrictions resteront en vigueur: pas d'ouverture des collèges -une question très controversée ces derniers jours-, ni des parcs et jardins, strictes mesures de distanciation dans les transports notamment.

Frontières fermées

Les frontières du pays restent pour le moment fermées et il n'y aura pas de quatorzaine instaurée pour les voyageurs en provenance de l'espace Schengen. L'Hexagone emboîte ainsi le pas aux principaux pays d'Europe déjà engagés dans le déconfinement, notamment l'Allemagne. Berlin a décidé mercredi de lever la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars. Symbole de cette réouverture, la Bundesliga reprendra à la mi-mai à huis-clos.

Exceptions notables: la fermeture des frontières et l'interdiction des grandes manifestations sportives, festives ou culturelles avec du public.

La Norvège avance

En Norvège, les écoles pourront rouvrir à compter de lundi et les bars à partir du 1er juin. Les événements culturels et sportifs rassemblant jusqu'à 200 personnes seront autorisés à partir du 15 juin et le coup d'envoi du championnat de football professionnel pourra être donné le 16 avec une reprise des entraînements dès ce jeudi. Selon la première ministre Erna Solberg, l'objectif d'avoir rouvert le 15 juin «la plupart des choses qui étaient fermées».

Engagée dans un prudent déconfinement, l'Italie va, elle, tester sérologiquement 150'000 habitants du Latium. Rome a aussi signé un accord avec l'Eglise catholique pour permettre aux fidèles d'assister à nouveau aux messes et autres célébrations religieuses à partir du 18 mai. Mais à condition d'avoir un masque de protection, d'être bien espacés et de se passer d'eau bénite.

La Suède, qui a pris des mesures plus souples que la plupart des autres pays européens, a officiellement dépassé le seuil des 3000 morts. Selon les autorités sanitaires, le pays a «réussi jusqu'à présent à maintenir la maladie sous la seuil de ce que les services de santé peuvent gérer».

Réouverture de l'Acropole

En Grèce, l'Acropole d'Athènes rouvrira le 18 mai avant la réouverture des musées le 15 juin, ainsi que tous les sites archéologiques du pays, mais avec des mesures de distanciation.

La Belgique rouvrira lundi des commerces non essentiels. A l'inverse, la ville de Moscou a annoncé jeudi le port obligatoire du masque dans les transports, et une prolongation de son confinement jusqu'au 31 mai, alors que la Russie connaît une forte hausse du nombre de cas détectés.

Désastre économique

A ce jour, la pandémie causée par le nouveau coronavirus a tué près de 267'000 personnes dans le monde, dont plus de 150'000 personnes en Europe: notamment au Royaume-Uni (30'615), en Italie (29'958), en Espagne (26'070) et en France (25'987), selon un dernier bilan établi par l'AFP jeudi à la mi-journée.

Au plan économique, les nouvelles désastreuses continuent: Une récession de 14% est attendue cette année au Royaume-Uni, selon la Banque d'Angleterre. Aux Etats-Unis, pays le plus touché avec près de 75'000 morts, plus de 3,1 millions de nouveaux chômeurs ont été dénombrés en une semaine, portant le total à 33,5 millions depuis le début de cette pandémie.

Les plus pauvres en danger

Toutefois, «les effets les plus dévastateurs et déstabilisateurs se feront sentir dans les pays les plus pauvres», a rappelé jeudi l'ONU, qui veut lever 4,7 milliards de dollars pour «protéger des millions de vies».

«Si nous n'agissons pas maintenant, nous devons nous préparer à une augmentation significative des conflits, de la faim et de la pauvreté. Le spectre de multiples famines se profile», a mis en garde un haut responsable, Mark Lowcock.

Au Brésil (plus de 8000 décès), la mortalité est particulièrement élevée chez les plus défavorisés, notamment dans la population noire. «La pandémie ne fait que creuser les inégalités historiques héritées de l'esclavage», estime Emanuelle Goes, de l'institut Fiocruz de Rio de Janeiro.

(ats)

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