28.11.2014 à 15:39

Union européenneLa France, l'Italie et la Belgique doivent améliorer leurs finances

Bruxelles a accordé vendredi un dernier répit à la France, l'Italie et la Belgique, en renvoyant au printemps son verdict sur leurs budgets.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Bruxelles a accordé un dernier délai à Paris et Rome pour adapter leurs budgets fortement déficitaires mais exige néanmoins de ces pays plus d'efforts pour améliorer leurs finances publiques, sous peine de sanctions.

La décision de temporiser est «politiquement et économiquement justifiée», a plaidé le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici. «D'ici mars, nous allons poursuivre le dialogue avec les Etats concernés et prendrons nos responsabilités. La Commission est là pour faire appliquer les règles, avec flexibilité mais sans créativité excessive», a-t-il prévenu.

France, Italie et Belgique ont un déficit ou une dette qui ne respecte pas les limites fixées, et leurs projets de budget 2015 présentent donc «un risque de non-conformité» avec les règles européennes. Cela les expose à terme à des sanctions financières, un scénario encore inédit.

Mesures in extremis de Paris

Le cas français est le plus problématique: Paris prévoit un déficit de 4,3% en 2015 au lieu des 3% promis initialement, et un retour dans les clous seulement en 2017, en pleine année électorale.

En terme structurel (hors effet de la conjoncture), le compte n'y est pas non plus. Pour la Commission, Paris doit fournir un effort correspondant au moins à 0,5% du PIB en 2015, contre 0,3% actuellement. Ce qui équivaut à un effort supplémentaire d'environ 4 milliards d'euros.

Jusqu'ici, la deuxième économie de la zone euro a toujours tiré son épingle du jeu : non seulement elle a déjà obtenu deux délais pour ramener son déficit sous 3% du PIB, mais elle a aussi bénéficié en octobre de la clémence de la Commission, qui aurait pu retoquer son budget 2015. L'exécutif européen n'avait alors pas sévi grâce à des mesures annoncées in extremis par Paris.

Vendredi, la Commission a encore une fois choisi la voie du dialogue, même si le scénario de sanctions a circulé, provoquant de fortes dissensions au sein de l'exécutif européen.

Manuel Valls confiant

D'ici la date-butoir du printemps, les pays concernés vont devoir améliorer leurs finances publiques et «mettre en chantier des réformes structurelles suffisamment ambitieuses pour asseoir la croissance dans la durée et créer des emplois», a souligné Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission en charge de l'euro.

La France, l'Italie et la Belgique se sont engagées en fin de semaine dernière sur leur programme de réformes, dans des lettres adressées à la Commission européenne où ils fournissent un calendrier précis.

«Nous ne doutons pas que la Commission européenne estimera que notre budget 2015, et plus largement notre trajectoire jusqu'en 2017, constituent le meilleur équilibre qui permet de concilier le sérieux budgétaire et le soutien à l'activité», a réagi le premier ministre français, Manuel Valls.

L'Allemagne bonne élève

Pour l'Italie, plongée en récession et lestée par une dette de plus de 130% du PIB, Bruxelles veut un effort pour améliorer sa balance structurelle en 2015. Pour la Belgique, qui souffre aussi d'une énorme dette, le nouveau gouvernement de droite a «déjà travaillé vite et bien», a relevé M. Moscovici.

L'Espagne, Malte, l'Autriche et le Portugal ont également été épinglés pour risque de non-conformité. Mais ces quatre pays sont plus en ligne en matière d'objectif de réduction budgétaire.

Cinq pays (Allemagne, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas et Slovaquie) font partie des bons élèves de la zone euro avec un projet de budget conforme aux dispositions du pacte de stabilité. Quatre autres - Estonie, Lettonie, Slovénie et Finlande - sont jugés «globalement conformes».

(ats)

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