Crise migratoire: La France «n'hésitera pas» à rétablir des contrôles
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Crise migratoireLa France «n'hésitera pas» à rétablir des contrôles

Pour le Premier ministre français, le retour temporaire à une surveillance des frontières est envisagé. Il a aussi annoncé l'engagement de 900 policiers supplémentaires.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

«Nous avons déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires à cette frontière (ndlr: franco-italienne). Et nous n'hésiterons pas à le faire de nouveau, comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l'imposent, si c'est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines», a déclaré le Premier ministre français.

Manuel Valls s'exprimait mercredi devant les députés lors d'un débat sur l'accueil des migrants et des réfugiés. Il a défendu un «renforcement» de Schengen, l'espace de libre circulation des biens et des personnes de l'UE, notamment le contrôle des frontières externes.

Cette annonce aura sans doute un bon écho auprès de la population puisqu'un sondage réalisé par Elabe pour la chaîne d'information française BFMTV, 52% des personnes interrogées se disaient tout à fait pour le rétablissement des contrôles à la frontière, et 28% indiquaient être plutôt pour. Seuls 20% des sondés étaient défavorables à cette mesure.

Des millions et des gendarmes

La France, qui s'est engagée à ouvrir ses portes à 24'000 réfugiés en deux ans, va débloquer au total plus de 600 millions d'euros (env. 665 millions de francs) d'ici à fin 2017 pour financer leur accueil. Pour l'année prochaine, 279 millions d'euros (env. 309 millions de francs) de crédits supplémentaires vont être débloqués, a promis Manuel Valls.

Le Premier ministre a également annoncé la création de 900 postes supplémentaires dans les forces de l'ordre, notamment dans la police aux frontières, dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière.

La France compte ainsi procéder à 16'000 éloignements forcés d'étrangers en situation irrégulière cette année, après 15'000 mesures de ce type prises en 2014. Manuel Valls a annoncé à ce propos un effort «sans précédent» et «indispensable si nous voulons mettre en oeuvre une politique migratoire soutenable et si nous voulons préserver le droit d'asile».

«Certains nous disent: «Il faut tout fermer.» Dire cela, c'est fermer les yeux sur les réfugiés qui meurent à nos portes. D'autres disent, à l'inverse: «Il faut tout ouvrir.» Dire cela, c'est fermer les yeux sur les réalités et les difficultés de la société française... Mon devoir, celui du gouvernement, c'est être lucide», a plaidé Manuel Valls.

(AFP)

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