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Charlie HebdoLa France «n'insulte personne quand elle défend ses idées»

«Nous n'insultons personne lorsque nous défendons nos idées», a lancé le président français en évoquant les manifestations anti-Charlie Hebdo.

«La France ne fait pas de leçon, à aucun pays, mais la France n'accepte aucune intolérance» a ajouté François Hollande.

«La France ne fait pas de leçon, à aucun pays, mais la France n'accepte aucune intolérance» a ajouté François Hollande.

AFP

François Hollande a assuré lundi 19 janvier que la France n'«insult(ait) personne» quand elle défendait ses «idées», évoquant à demi-mot les manifestations à travers le monde contre la publication d'un dessin représentant le prophète Mahomet à la une de Charlie Hebdo.

«Nous n'insultons personne lorsque nous défendons nos idées, lorsque nous proclamons la liberté, au contraire, nous respectons toutes celles et tous ceux à qui nos idées s'adressent pour les faire partager», a lancé le chef de l'Etat, qui s'exprimait à l'occasion du 70e anniversaire de l'Agence France-Presse.

«La France ne fait pas de leçon, à aucun pays, mais la France n'accepte aucune intolérance» et «le drapeau français, c'est toujours celui de la liberté», a-t-il encore souligné.

Manifestations dans plusieurs pays

Les manifestations anti-Charlie Hebdo se sont poursuivies lundi après un week-end marqué par de violentes émeutes au Niger.

Près de deux semaines après le carnage dans les locaux de l'hebdomadaire satirique commis par deux frères djihadistes français, des centaines de milliers de personnes ont manifesté en Tchétchénie, république musulmane du Caucase russe.

Mais d'autres manifestations ont encore eu lieu en Afghanistan, au Pakistan, en Iran ou à Gaza.

«Tolérance et respect pour toutes les croyances»

Le chef de l'Etat a rendu un hommage appuyé aux journalistes tués ou blessés dans l'exercice de leur fonction et tout particulièrement au photographe pakistanais de l'AFP Asif Hassan, grièvement blessé par balle vendredi lors d'une manifestation anti-Charlie Hebdo devant le consulat français de Karachi.

Il couvrait «une manifestation, comment dire, anti-liberté», a relevé le chef de l'Etat.

Pour François Hollande, les journalistes de la rédaction de Charlie Hebdo «décimée» et «massacrée» voulaient «tout simplement que leur impertinence, leur insolence soient comprises comme une forme de tolérance et de respect pour toutes les croyances».

Ainsi, selon lui, «s'il y a un hommage que nous pouvons rendre à Charlie Hebdo, c'est de faire en sorte que la liberté de la presse, la liberté d'expression mais aussi la laïcité soient partout défendues, promues» car «elles méritent d'être défendues chaque jour, partout dans le monde».

«La France, patrie des droits de l'Homme, se considère comme la première engagée», a-t-il insisté.

«Une valeur universelle»

Soulignant que la liberté d'expression était «une valeur universelle», le président Hollande a assuré qu'il ne s'agissait pas «de dicter aux autres ce qu'ils doivent penser mais simplement de faire respecter ce qui est pensé, ce qui est exprimé, ce qui est dit librement».

De son côté, le président de l'AFP Emmanuel Hoog a souligné l'indépendance de l'AFP, en déclarant que l'Agence «ne sera jamais la voix de la France».

«Elle sera une rédaction vivante, critique et ouverte dans un monde complexe et en perpétuel mouvement», a-t-il dit.

La sensibilité du monde est« extrême et extrêmement diverse»

«Il faut que nous soyons en permanence en capacité de mesurer les conséquences des informations que nous sortons. Être deux fois responsables : pour nous-mêmes et pour ceux qui vont nous lire, ou nous voir. Et la sensibilité du monde est non seulement extrême sur certains sujets mais également extrêmement diverse», a-t-il conclu.

«Tous les personnages qu'a dessinés Charlie sont là, c'est la preuve que Charlie vit», a lancé pour sa part le rédacteur en chef de Charlie Hebdo Gérard Biard, au vu des nombreuses personnalités présentes, notamment politiques.

(AFP)

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