Drogue: La France ouvre sa première «salle de shoot»
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DrogueLa France ouvre sa première «salle de shoot»

Avec un tel lieu, la France rejoint notamment en Europe la Suisse, l'Allemagne et l'Espagne.

Cette «salle de consommation de drogue à moindre risque» est située à l'hôpital Lariboisière, près de la gare du Nord.

Cette «salle de consommation de drogue à moindre risque» est située à l'hôpital Lariboisière, près de la gare du Nord.

AFP

La première «salle de shoot» officielle en France ouvrira lundi prochain dans un hôpital parisien. Cette expérimentation est saluée par plusieurs associations de santé publique mais critiquée par l'opposition de droite.

Cette «salle de consommation de drogue à moindre risque» est située à l'hôpital Lariboisière, près de la gare du Nord, le quartier le plus touché de la capitale par la consommation de drogues. Avec un tel lieu, la France rejoint en Europe la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas.

Son ouverture était initialement programmée vendredi avant d'être repoussée de quelques jours pour des «raisons pratiques», selon les porteurs du projet. Elle «représente un moment très important dans la lutte contre le fléau des addictions», a déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui s'est rendue sur place mardi avec la maire de Paris, Anne Hidalgo.

C'est aussi «l'aboutissement d'un combat politique qui n'a pas été facile et a donné lieu à des outrances», a ajouté Mme Touraine en précisant que la France était «le dixième pays du monde à s'engager».

Une centaine de personnes par jour

Ouverte de 13h30 à 20h30 chaque jour et aménagée sur 450 m2 dans l'enceinte de l'hôpital avec une entrée séparée, la salle comprend un accueil, une salle d'attente et une salle de consommation. Elle pourra accueillir par jour une centaine de personnes majeures encadrées par des médecins, des infirmiers et des assistants sociaux.

Ce lieu ouvre dans le cadre d'une expérimentation de six ans. Les villes de Strasbourg et de Bordeaux sont également candidates.

Lundi, le parti d'opposition de droite Les Républicains a pointé «le risque d'un encouragement de la présence des dealers». La députée Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite, s'y oppose. «Dans la salle de shoot, il n'y a pas de thérapies. Ce qui est proposé, c'est d'avoir une amélioration sanitaire» mais «pas d'accompagnement pour pouvoir s'en sortir», a-t-elle estimé.

(ats)

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