Actualisé 28.09.2020 à 15:45

Chasse au trésorLa France piste jusqu’en Suisse un trésor pillé dans le golfe corse de Lava

Une centaine de pièces de monnaies romaines ont été vendues aux enchères en Suisse. Une maison de numismatique genevoise a été perquisitionnée pour retrouver la trace de l’or.

von
Marie Parvex
Oliver Zihlmann

Les numismates suisses n’aiment pas la lumière des projecteurs. Par crainte des cambriolages, disent-ils. C’est dans un kebab, dans un souterrain lausannois, qu’Henri* prend son café. Il se souvient parfaitement d’avoir tenu une pièce d’or du trésor corse de Lava entre ses mains. C’était en 1977, quand tout cela paraissait encore avouable. Il travaillait alors comme expert pour la Galerie des médailles de Genève. Quarante ans plus tard, il reconnaît cette monnaie, frappée à la fin du IIIe siècle ap. J.-C., en une fraction de seconde parmi les lignes austères d’un catalogue. «Elle valait dans les 300 000 francs suisses à l’époque et il n’en existait que deux exemplaires. Mais je n’ai jamais eu les moyens de me payer ça.» Peut-être a-t-il eu de la chance. Les pièces de Lava, pillées dans les eaux peu profondes des côtes corses depuis les années 1950, ont fini par brûler les doigts d’autres collectionneurs et sociétés de numismatique en Suisse.

Pièce séquestrée

En 2017, le Ministère public genevois séquestre la pièce d’or d’Hugues *, acquise pour 55 000 francs auprès d’une société bien connue de la place genevoise. La vente aux enchères avait eu lieu au très chic et célèbre Hôtel Beau-Rivage en 2006. Il s’agit d’un quintille, frappé à Milan en 270 ap. J.-C. et proposé à 50 000 francs. En plus de cette pièce, la société en a vendu six autres. L’or de Lava provoque une perquisition de la société genevoise le 12 janvier 2015. Son administrateur est auditionné par les enquêteurs, qui saisissent les informations sur les vendeurs et acheteurs des pièces et remontent ainsi jusqu’à Hugues*.

La France réclame désormais ce trésor disséminé à travers toute l’Europe. Après la condamnation de huit pilleurs et numismates français en 1994, ce marché devenu dangereux en France s’est déplacé vers d’autres pays d’Europe et aux États-Unis. La Suisse y joue un rôle important puisque, sur 448 pièces identifiées au gré des ventes aux enchères dans le monde jusqu’en 2010 et listées dans le catalogue établi par la spécialiste Sylviane Estiot, nonante-six ont été vendues par quelque quinze sociétés suisses, notamment par les départements de numismatique de certaines grandes banques.

Cent trente-six transactions en Suisse

Ces chiffres ne tiennent pas compte des ventes réalisées hors enchères. Selon la demande d’entraide déposée en juin 2012 par la France, 136 transactions impliquent des sociétés suisses, parmi lesquelles les plus connues à Zurich, à Genève ou à Bâle. La France a ainsi demandé l’audition des responsables de onze sociétés et la saisie de la pièce d’Hugues*. La demande d’entraide concernant plusieurs cantons, elle est gérée par le Ministère public genevois. «Actuellement, une pièce a été saisie par le ministère public sur la base de la demande d’entraide», précise ce dernier. Aucune procédure n’a été ouverte, pour l’heure, à l’encontre de sociétés suisses.

La loi sur le transfert des biens culturels (LTBC) est entrée en vigueur en juin 2005. Elle exige qu’un objet ne soit mis aux enchères que s’il existe une «présomption qu’il n’a pas été volé ni enlevé à son propriétaire sans sa volonté et ne provient pas de fouilles illicites». Elle liste aussi les informations que les marchands doivent consigner. Dans le cas précis, la LTBC ne s’applique pas puisque la Suisse et la France n’ont pas signé d’accord en ce sens. Cependant «les obligations de diligence définies dans la loi sur le transfert de biens culturels sont désormais considérées comme la ligne directrice pour tout achat et vente d’objets d’art en Suisse», explique Manfred Hausherr, procureur zurichois spécialisé dans le marché de l’art. «Si un commerçant ne tient absolument pas compte de ces obligations de diligence, il ne peut pas rétrospectivement plaider qu’il ne savait pas que la source d’un objet était illégale.»

Selon l’un des trois arrêts du Tribunal pénal fédéral (TPF) en lien avec cette affaire, «le Ministère public genevois a exposé que dès les années 1990 les milieux professionnels des numismates ont été largement informés du pillage opéré au détriment du trésor» de Lava. «Il en a conclu qu’en conséquence la vente de pièces provenant de ce site ne pouvait avoir été effectuée de bonne foi.» Si le jugement final dans l’enquête française conclut que ces pièces ont été volées, les propriétaires suisses devront les restituer. Selon l’enquête précitée de Sylviane Estiot, 38 pièces de Lava ont été vendues par des maisons suisses entre 2005 et 2009, parmi lesquelles la pièce d’Hugues*.

Un trésor unique

Michel L’Hour est directeur du Département français des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) et à l’origine d’une plainte qui a conduit à l’ouverture de l’enquête française en 2009. «Les quelque 1400 pièces d’or qui constituent le trésor de Lava sont un trésor national et appartiennent à l’État français», explique-t-il. «C’est en 1986, lors d’une vente aux enchères à Monaco qui rassemblait de nombreuses pièces d’or que nous avons compris qu’elles venaient des eaux du golfe de Lava et qu’il s’agissait d’un trésor très important et unique», raconte Michel L’Hour. «Selon la loi française, les biens immergés, dont le propriétaire n’est pas susceptible d’être retrouvé ou qui n’a pas manifesté le souhait de les récupérer, appartiennent à l’État. Dès lors, toutes les pièces s’échangent de manière illicite», poursuit-il.

«Le monde de la numismatique n’est pas regardant sur la qualité du détenteur d’une pièce de monnaie. C’est un milieu qui manque de rigueur», estime-t-il. Il dit avoir rencontré les pilleurs de Lava, en partie issus du milieu corse. «J’ai enquêté dans les milieux mafieux les plus cyniques et je sais qu’ils vendaient leurs pièces à des numismates reconnus qui savaient parfaitement, quant à eux, que ce «commerce» était illégal. Mais une pièce pèse entre 15 000 et 700 000 euros. De nombreux numismates ont simplement fermé les yeux. Les clients sont des collectionneurs. Ils savent aussi que les pièces viennent de Corse et, depuis 1986, qu’il s’agit d’un pillage.»

«J’ai enquêté dans les milieux mafieux les plus cyniques et je sais qu’ils vendaient leurs pièces à des numismates reconnus qui savaient parfaitement que c’était illégal»

Michel L’Hour, directeur du Département français des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines

Avec ou sans pedigree

L’un des indices qu’une pièce pourrait provenir d’une source illégale, c’est le fait qu’elle apparaisse sur le marché pour la première fois. Sylviane Estiot liste 40 pièces vendues en Suisse sans aucune mention de vente précédente ou de mention dans un catalogue et qui, d’après son analyse, doivent être rattachées au trésor de Lava. «Le fait qu’il n’y ait aucune mention de vente précédente, ça sent fortement le brûlé en termes éthiques», estime Matteo Campagnolo, conservateur du Cabinet de numismatique de Genève. Un avis partagé par le président de la Société genevoise de numismatique, Olivier Chaponnière. «Une pièce sans aucun pedigree est certainement une découverte non déclarée, et c’est typiquement ce qu’il faut éviter si l’on ne veut pas d’ennuis», dit-il.

«Les monnaies de Lava sont si importantes et rares qu’elles figurent dans les catalogues dès qu’elles sont sur le marché», ajoute Matteo Campagnolo. «Quand apparaît une pièce qui ne figure dans aucune publication, on peut en déduire qu’il s’agit d’une découverte récente, probablement issue du pillage de Lava. D’ailleurs, la mention d’une collection ou d’une vente précédente peut parfois augmenter fortement la valeur de la pièce parce qu’elle permet une sorte de caution légale», précise-t-il. Une caution qui ne devrait pourtant pas permettre aux numismates de faire l’impasse sur toutes les vérifications exigées par la loi avant de réaliser une transaction. «L’obligation de diligence s’applique de nouveau, à chaque achat», précise Manfred Hausherr.

Pour l’avocat d’Hugues*, Marc Hassberger, le point de vue des autorités françaises n’est pas compatible avec le droit suisse, qui protège, à certaines conditions qui, pour lui, sont toutes réalisées ici, la propriété privée. «Mon client a acheté une monnaie avec un pedigree vendu par deux maisons suisses réputées. Le droit suisse le protège indubitablement, mais, malgré cela, la police débarque pour séquestrer un bien qu’il a acquis de bonne foi», dit-il. «Cette monnaie est citée dans un catalogue scientifique antérieur aux faits visés par l’enquête française. Les autorités françaises ne peuvent pas raisonnablement être de bonne foi quand elles prétendent que cette monnaie est liée à leur investigation.» Le TPF a cependant, pour l’essentiel, rejeté les recours déposés dans cette affaire.

La maison genevoise perquisitionnée en 2015 a donc mis aux enchères deux pièces de Lava mentionnées dans un rapport archéologique publié en 1980 et déjà vendues en Suisse en 2005 par une société zurichoise. Mais elle a aussi vendu deux pièces sans aucun pedigree et apparaissant sur le marché pour la première fois, ainsi que trois autres pièces hors des ventes publiques. À nos questions sur les informations qui lui ont permis de penser qu’elle était autorisée à vendre ces pièces, elle répond par l’intermédiaire de son avocat, Daniel Zappelli, que «les vendeurs, dont les noms ont dûment été conservés en application de la LTBC, sont des collectionneurs irréprochables. Ma mandante a strictement respecté les obligations imposées par la loi. Les propriétaires desdites pièces ont démontré l’origine de celles-ci. Il n’existait – ni n’existe à ce jour – aucun indice que lesdites pièces auraient été volées ou pillées», écrit-il sans plus de précisions.

La maison zurichoise qui a vendu deux de ces sept pièces n’existe plus, mais son ancien gérant est plus loquace. «Les monnaies viennent de collectionneurs privés, notamment un Allemand, et étaient citées dans un catalogue. La directrice de la société de vente aux enchères connaissait le vendeur depuis les années 1950 et les pièces ont été importées en Suisse de manière complètement légale, avec une déclaration complète aux autorités allemandes et suisses», affirme-t-il. Il semble que l’exportateur d’une de ces pièces soit l’un des prévenus dans l’enquête ouverte en 2009 par la France. Depuis 2011, l’entier du trésor de Lava figure sur la liste Interpol des œuvres d’art volées. La date du vol inscrite est 1986 et l’annonce concerne toutes les monnaies «similaires à celle de Lava» précisant qu’elles ne peuvent être vendues.

Des plongeurs ont trouvé des pièces d’or dans le golfe de Lava depuis les années 1950. Photo: Nice Matin/Maxppp

D’après le récit de certains d’entre eux, ces monnaies antiques se trouvaient en eau peu profonde près des plages. Photo: DR

D’après le récit de certains d’entre eux, ces monnaies antiques se trouvaient en eau peu profonde près des plages. Photo: DR

En 2010, les enquêteurs français arrêtent l’un des pilleurs avec ce plat en or dans ses bagages. Il rentrait de Bruxelles, où il n’avait pas réussi à le vendre. Photo: S. Cavillon/Drassam

En 2010, les enquêteurs français arrêtent l’un des pilleurs avec ce plat en or dans ses bagages. Il rentrait de Bruxelles, où il n’avait pas réussi à le vendre. Photo: S. Cavillon/Drassam

Ventes récentes

Henri* résume sans doute assez bien la position de bon nombre de ses confrères suisses qui ont vendu des pièces de Lava avec ou sans «pedigree» pendant des années: «S’il n’existe pas de catalogue, comment voulez-vous que l’on sache qu’il s’agit d’une pièce de Lava jamais publiée?» dit-il en souriant. «Des pièces de l’Empire romain peuvent être trouvées partout en Turquie ou en Asie-Mineure par exemple. Certains trésors romains pèsent jusqu’à 20 tonnes… Les pièces de Lava ne sont donc pas uniques», dit-il. Il n’est pas le seul à avancer cet argument. Pour autant, aucun des numismates que nous avons interrogés n’a pu citer de source archéologique précise pour des pièces comparables à celles de Lava. Quant au reproche que les professionnels étaient informés du pillage de Lava, il répond: «On est en Suisse. Moi, je n’ai pas entendu parler des arrestations de Lava. Ce n’est pas non plus le mariage de Brigitte Bardot…»

La France va recevoir la pièce d’Hugues* afin de l’étudier et de prouver son origine. Mais elle doit d’abord s’engager à la restituer si la procédure française ne prouve pas qu’elle a été volée.

«Les actions entreprises, notamment par le gouvernement français, ont provoqué un effondrement de la valeur des pièces», analyse Olivier Chaponnière. «Elles sont devenues très difficiles à vendre et présente un haut risque de confiscation.» Mais la France a bien du mal à mettre un terme définitif à la ruée vers l’or de Lava. Si aucune monnaie n’a été vendue aux enchères en Suisse ces dernières années, un multiple de huit aurait été vendu pour 60 000 dollars en janvier dernier à Dallas (États-Unis).

Nul ne sait comment ce trésor romain s’est retrouvé immergé dans le golfe de Lava. Photo: Camille Moirenc/AFP

Nul ne sait comment ce trésor romain s’est retrouvé immergé dans le golfe de Lava. Photo: Camille Moirenc/AFP

* Nom connu de la rédaction

Lava, la mafia et le blanchiment d'argent

En mars 2017, quatre membres de la mafia corse sont arrêtés dans le Port de Bastia. Dans leurs bagages: des monnaies de Lava qu’ils entendent échanger contre des armes en Asie. Les derniers articles à ce sujet précisent qu’il s’agissait de fausses pièces de Lava, mais le trésor a souvent été entre les mains de la mafia corse et aurait servi à blanchir des fonds.

Michel L’Hour, archéologue et directeur du DRASSM, a enquêté au contact des milieux mafieux corses et au-delà pour tenter de retrouver la trace et la composition de ce trésor. «Les pièces de Lava ont servi à blanchir de l’argent», estime-t-il sur la base de ces nombreuses discussions avec le milieu. «Un multiple de Gallien à 700 000 euros permet de transporter presque un million de francs dans une seule pièce qui tient dans un simple porte-monnaie. Avec seulement 10 pièces de ce type, vous avez 7 millions qui pèsent moins de 400 grammes. Et le seul endroit que l’on ne fouille jamais à la douane: c’est le porte-monnaie. En sachant où sont les collectionneurs, vous revendez votre pièce de l’autre côté de la frontière et recevez du cash en échange», explique-t-il.

Les maisons de numismatique suisses ne sont pas soumises à la loi sur le blanchiment d’argent (LBA), sauf si elles vendent de l’or bancaire. Elles ne sont pas non plus soumises à des contrôles, mis à part les demandes ciblées du service des biens culturels l’Office fédéral de la culture, lequel compte deux personnes.

«Les monnaies étaient sans doute pratiques pour faire circuler de l’argent sale», reconnaît Matteo Campagnolo, conservateur du Cabinet de numismatique du Musée d’art et d’histoire (MAH) à Genève. «Mais, depuis 2005, il faut un titre de propriété pour vendre une pièce. C’est devenu beaucoup plus compliqué. Il faudrait qu’un notaire prenne le risque de faire un faux», explique-t-il.

Pour le président de la Société genevoise de numismatique, Olivier Chaponnière, les monnaies de collection ne sont au contraire pas du tout utilisées pour blanchir des fonds. «De plus, spécifiquement pour la trouvaille corse, il serait insensé de placer des capitaux dans des pièces comme celles de Lava, que vous n’avez pas le droit de vendre!» dit-il.

À notre connaissance, il n’existe pas d’étude sur ce sujet.

La saga en dates

300: Le trésor d’or d’un personnage très important de l’Empire romain échoue sur les fonds marins du golfe de Lava, en Corse. Incendie d’un navire dont l’épave n’a jamais été retrouvée ou dissimulation du trésor en urgence dans une cavité rocheuse? Pour l’heure, personne ne sait comment cet ensemble d’objets unique au monde s’est retrouvé là. Les archéologues l’estiment à 1400 monnaies d’or frappées au nom de quatre ou cinq empereurs romains différents, un plat en or retrouvé, des bracelets et même une statuette en or jamais retrouvée et probablement fondue par des pilleurs.

1950: Un bateau transportant trois amis tombe en panne. L’un d’eux plonge pour pêcher des oursins et découvre des pièces d’or. Il les présente à un numismate parisien en prétendant qu’il s’agit d’une trouvaille du XIXe siècle. Le numismate en avertit le conservateur du Cabinet des médailles, Jean Lafaurie, qui en fait un catalogue de 44 pièces.

1970: Un deuxième homme découvre des pièces qu’il met sur le marché.

1980: La liste officielle de Jean Lafaurie est mise à jour avec quelque 85 pièces.

1985-1986: Plusieurs équipes de plongeurs pillent le site. Certains d’entre eux font ostensiblement bombance et l’affaire s’ébruite sur l’île. Une vente aux enchères à Monaco met la puce à l’oreille des autorités parce qu’elle propose d’un seul coup 18 pièces semblables à celles de Lava et encore inconnues. Les autorités ouvrent une enquête, saisissent 73 monnaies et condamnent huit personnes pour pillage et recel.

2007: De nouveaux éléments portés à la connaissance de Michel L’Hour provoquent de nouvelles investigations de la douane judiciaire française et de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC).

2009: Trois personnes sont prévenues dans cette enquête.

2010: Sylviane Estiot, spécialiste des monnaies du IIIe siècle, piste toutes les pièces attribuables à Lava repérées dans les ventes aux enchères du monde entier. Son étude compte désormais 448 pièces.

2011: Michel L’Hour lance des fouilles archéologiques dans le golfe de Lava. Sans succès. Le trésor est ajouté à la liste Interpol des œuvres d’art volées.

2012: L’enquête française conduit en Suisse, où est déposée une demande d’entraide. Mais aussi en Allemagne, en Belgique, en Autriche, aux États-Unis, etc.

Février 2018: Le dernier recours d’Hugues, acheteur genevois d’une pièce de Lava, contre le séquestre de cette dernière est pour l’essentiel rejeté par le Tribunal pénal fédéral (TPF). Mais il est décidé que la France doit présenter une garantie de restitution avant que la monnaie ne lui soit transmise pour étude.

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