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TerrorismeLa France se donne les moyens de mieux se protéger

Le gouvernement français va augmenter son budget de la Défense de 3,8 milliards d'euros ces quatre prochaines années afin de faire face à la menace terroriste.

François Hollande annonce une augmentation du budget de la Défense pour faire face à la menace terroriste.

François Hollande annonce une augmentation du budget de la Défense pour faire face à la menace terroriste.

Keystone

La France va affecter en permanence 7000 militaires à la sécurité nationale afin de faire face au terrorisme, a annoncé ce mercredi 29 avril François Hollande.

Le président français a indiqué que le budget voté pour 2015, de 31,4 milliards d'euros, était «sanctuarisé» via des «crédits budgétaires sans aucun appel à des ressources extérieures».

L'actualisation de la loi de programmation militaire prévoit de «dégager 3,8 milliards de crédits supplémentaires» entre 2016 et 2018, a-t-il ajouté à l'issue d'un conseil de Défense réuni à l'Elysée. La décision du président socialiste va à l'encontre d'une tendance générale à la baisse des budgets de la Défense en Occident.

Nouveaux défis

Cette augmentation budgétaire visera les dépenses en personnels et en équipements que vont nécessiter l'adaptation de l'armée française aux nouveaux défis posés par la menace terroriste. François Hollande a notamment évoqué la nécessité d'accorder plus de moyens à la cyberdéfense, à l'aéronautique et au renseignement.

«C'est un effort important, c'est même un effort considérable qui tient compte des économies que nous avons pu constater dans le ministère», a expliqué François Hollande. Il faisait ainsi une allusion à l'impact de la baisse des coûts du pétrole sur le fonctionnement des armées que certains chiffrent jusqu'à 3 milliards d'euros.

«Lourdes menaces»

Depuis les attentats djihadistes des 7, 8 et 9 janvier (17 morts), «la France fait face à de lourdes menaces aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de notre territoire», a affirmé François Hollande. En conséquence de quoi, l'opération Sentinelle de patrouilles militaires engagée depuis le début de l'année sera «pérennisée».

Depuis les attaques, 10'000 hommes sont mobilisés pour protéger des sites sensibles, dont «7000 militaires». Des patrouilles sont ainsi visibles dans les transports en commun, devant des synagogues ou des édifices religieux. Le coût de cette mission est estimé à un million d'euros par jour.

Des emplois préservés

Les décisions communiquées mercredi vont entraîner une révision des réductions d'effectifs dans les Armées initialement prévues. Ainsi, 18'500 postes au total seront préservés sur les 34'000 suppressions d'emplois qui étaient annoncées à l'origine sur la période 2014-2019, a précisé la présidence.

En début d'année, le président Hollande avait déjà signalé le gel de 7500 suppressions d'emplois prévues en 2015. Le ministère de la Défense va pouvoir faire passer le réservoir de forces terrestres pouvant être déployées sur le terrain de 66'000 militaires aujourd'hui à 77'000.

En extérieur, 9000 hommes sont actuellement mobilisés au Sahel, en Centrafrique et dans le Golfe. L'armée française compte au total quelque 215'000 personnes, militaires et civils.

Reprendre de la marge

«Aujourd'hui, on est au-delà du contrat opérationnel tant à l'extérieur qu'à l'intérieur et il faut qu'on reprenne de la marge», plaide-t-on au ministère de la Défense. «On en est à rogner les permissions, voire les phases de réentraînement avant de repartir en opérations».

Pour «tenir durablement», il était indispensable «d'aménager» le dispositif militaire français, indique-t-on de source proche du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

(ats)

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