Syrie: La frontière avec la Turquie s'embrase

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SyrieLa frontière avec la Turquie s'embrase

Des accrochages entre forces kurdes et soldats turcs à la frontière avec la Syrie ont éclaté au lendemain de frappes meurtrières d'Ankara.

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Des accrochages entre des combattants kurdes syriens et l'armée turque ont éclaté mercredi à la frontière nord-est de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain de frappes aériennes meurtrières d'Ankara sur la zone.

Les affrontements ont éclaté «après que les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont ouvert le feu sur un véhicule blindé de l'armée turque qui avait franchi la frontière entre la Turquie et la Syrie», a affirmé l'Observatoire.

Les forces turques tiraient à l'artillerie sur les positions des YPG à l'ouest de Darbasiyah, une localité frontalière dans la province syrienne de Hassaké (nord-est). Les combattants kurdes lançaient des roquettes sur les avant-postes de l'armée turque, a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Il n'a pas été fait état dans l'immédiat de victimes.

Les YPG sont la principale composante des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance kurdo-arabe combattant le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et soutenue par les Etats-Unis. Ces violences transfrontalières surviennent au lendemain de raids aériens turcs contre un quartier général des YPG à quelque 150 km plus à l'est. Les frappes turques ont fait 28 morts, selon l'Observatoire.

Zone d'exclusion aérienne

Les YPG ont par ailleurs appelé mercredi à l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord du pays, en réponse aux raids aériens meurtriers menés la veille par la Turquie. «C'est seulement quand le nord de la Syrie sera décrété zone d'exclusion aérienne que les YPG pourront défendre le pays sans entraves. La Turquie doit respecter la zone d'exclusion aérienne», ont écrit les Unités de protection du peuple kurde (YPG) sur leur compte Twitter.

Mercredi, les FDS ont accusé Ankara de viser les YPG pour «entraver l'avancée de la bataille pour Raqa», principal fief de l'EI en Syrie et objectif ultime d'une offensive en cours des FDS. Les YPG ont mis en garde mercredi contre une «agression élargie» et affirmé que la Turquie avait bombardé au moins trois secteurs différents le long de la frontière, y compris Darbasiyah.

«Pas une coordination»

La coalition contre le groupe Etat islamique (EI) menée par les Etats-Unis a reproché mercredi à la Turquie de ne pas l'avoir avertie suffisamment à l'avance de ses frappes aériennes sur des positions de combattants kurdes en Syrie et en Irak. «La notification est intervenue moins d'une heure avant les frappes, ce n'est pas suffisant», a déclaré le porte-parole de la coalition, le colonel américain John Dorrian. «C'était une notification, certainement pas une coordination, comme on est en droit de l'attendre de la part d'un partenaire et d'un allié dans la lutte contre l'EI», a-t-il ajouté.

Des contacts diplomatiques ont pris place entre les Etats-Unis et la Turquie suite à ces opérations militaires. La Turquie étant un allié des Américains et un membre de l'Otan, Washington doit ainsi prendre garde à ne pas s'aliéner ce précieux partenaire sous peine de perdre le soutien d'Ankara dans la lutte antidjihadiste.

(ats)

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