BD - La fulgurante carrière d’une bombe anatomique
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BDLa fulgurante carrière d’une bombe anatomique

Jayne Mansfield espérait faire aussi bien que Marilyn Monroe mais c’est surtout sa poitrine impressionnante qui la rendit célèbre. Un album revient sur le tragique destin de ce sex-symbol absolu.

par
Michel Pralong

La bande-annonce de «Sweet Jayne Mansfield»

Glénat/YouTube

Les titres français de certains de ses films en disent long sur ce qu’on pensait de leur contenu et de leur qualité: «La blonde et moi», «La blonde explosive», «La blonde et le shérif»… Si, certes, sa chevelure platine attirait le regard, c’est surtout sur son imposante et presque agressive poitrine que les yeux du public mâle se posaient. Jayne Mansfield a eu et fait une carrière à Hollywood essentiellement grâce à son physique. Tout comme Marilyn Monroe, elle a tenté de s’éloigner de ces rôles de ravissantes idiotes. Y parvenant moins bien et restant dans l’ombre de l’autre blonde platine, elle en joua finalement, jusqu’à l’excès.

Mais la vie de Jayne Mansfield est bien plus complexe et moins glamour que les images de pin-up qui nous restent d’elle peuvent nous laisser croire. Et son destin fut tout aussi tragique que celui de Marilyn, toutes deux disparaissant bien trop vite. L’album «Sweet Jayne Mansfield» nous raconte tout cela.

Quand Jayne Mansfield se trouvait aux côtés de stars comme Sophia Loren, elle savait comment attirer les regards, ce qui ne plaisait guère, comme on peut le voir dans le regard de l’Italienne.

Quand Jayne Mansfield se trouvait aux côtés de stars comme Sophia Loren, elle savait comment attirer les regards, ce qui ne plaisait guère, comme on peut le voir dans le regard de l’Italienne.

Michael Ochs Archives

Les éditions Glénat ont lancé une collection baptisée 9 ½, puisqu’il s’agit de BD parlant de cinémas. Après des albums consacrés à Sergio Leone, Lino Ventura, François Truffaut, Alfred Hitchcock et Patrick Dewaere, en voici enfin sur une femme. Et quelle femme! L’une des plus plantureuses actrices à avoir affolé le cinéma hollywoodien, Jayne Mansfield, célèbre grâce notamment à ses soutiens-gorges en forme d’obus qui la rendaient véritablement explosive à l’écran. Ses films sont loin d’être des chefs-d’œuvre, même s’il y en a plus d’un tout à fait regardable. Mais Jayne a, pendant un court laps de temps, fait parler d’elle autant par sa vie privée que par ses rôles.

Un Q.I. exceptionnel

J. M. Dupont nous rappelle toutefois qu’elle était loin d’être une idiote, son Q.I. étant même exceptionnel. Si son buste a très tôt hypnotisé les hommes, c’est elle qui a su couvrir ses cheveux bruns d’une perruque blonde. Un tel sex-appeal devait, comme pour Marilyn Monroe, être à la fois un atout et une malédiction. Mais contrairement à la star de «Certains l’aiment chaud», Jayne Mansfield a plus croqué les hommes qu’ils ne l’ont croquée. Même si ce ne fut pas non plus pour le meilleur. Jayne, à l’inverse de Marilyn, eut en outre beaucoup d’enfants.

Avec ses voitures roses, sa piscine en cœur, Jayne Mansfield a poussé le kitch à l’extrême, alors que sa vie avait plutôt tendance à plonger dans la noirceur: alcool, drogue, multiples aventures, femme battue. Une telle exubérance semblait ne pouvoir finir qu’en catastrophe, et c’est qui se produisit. Jayne Mansfield mourut dans un accident de voiture en 1967, à 34 ans seulement, Et sa carrière n’aura duré que 13 ans et une vingtaine de films. Sa silhouette marque encore les esprits. Cette BD y ajoute l’émotion, notamment grâce au dessin de Roberto Baldazzini, dessinateur italien qui excelle dans l’érotisme. Et si le graphisme de ses personnages peut paraître un peu figé au premier abord, cela colle finalement bien à une époque, comme si l’on feuilletait de vieux tabloïds. Merci d’avoir donné une autre dimension à Jayne Mansfield.

«Sweet Jayne Mansfield», de J.M. Dupont et Roberto Baldazzini, Éd. Glénat, 168 pages

«Sweet Jayne Mansfield», de J.M. Dupont et Roberto Baldazzini, Éd. Glénat, 168 pages

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