10.11.2013 à 20:29

RigueurLa gauche manifeste devant le Parlement grec

Des milliers de militants du parti Gauche radicale (Syriza) ont protesté devant le Parlement à Athènes contre la politique de rigueur du gouvernement.

Les militants du parti d'opposition de gauche se sont rassemblés devant le Parlement.

Les militants du parti d'opposition de gauche se sont rassemblés devant le Parlement.

Reuters

Plusieurs milliers de militants du parti d'opposition Gauche radicale (Syriza) se sont rassemblés dimanche soir devant le Parlement grec à Athènes pour dénoncer la poursuite des politiques de rigueur. Les députés débattent d'une motion de censure contre le gouvernement.

«Arrêtons la catastrophe», «Partez maintenant!», «Non aux plans d'austérité», proclamaient les banderoles des manifestants rassemblés sur la place Syntagma. D'après la police, les manifestants étaient plus de 2000. Mais, selon journalistes et organisateurs sur place, ils étaient environ 5000.

La motion de censure contre le gouvernement de coalition, composée de la droite et des socialistes, du premier ministre conservateur Antonis Samaras, a été déposée par le Syriza jeudi après l'évacuation par la police des locaux de l'ancienne télévision publique ERT, dans la banlieue nord d'Athènes.

«Politiques catastrophiques»

Selon le parti, la motion vise à dénoncer «les politiques catastrophiques» du gouvernement, qui actuellement mène des discussions à Athènes avec les représentants de la troïka des créanciers internationaux, UE-BCE-FMI, sur d'éventuelles nouvelles mesures de rigueur.

Le débat au Parlement sur la motion de censure a commencé vendredi et doit se terminer par un vote nominatif dimanche à minuit. Une majorité absolue de 151 voix est nécessaire pour renverser le gouvernement. Ce nombre semble impossible à obtenir par l'opposition, car la majorité gouvernementale dispose de 155 sièges sur les 300 du Parlement.

Outre Syriza, qui dispose de 72 sièges au Parlement, trois autres partis, les communistes KKE, les Grecs Indépendants (populiste, nationaliste) et les néonazis d'Aube dorée devraient voter en faveur de la motion de censure contre le gouvernement, selon leurs députés respectifs. Au total, la motion de censure ne devrait ainsi obtenir que 130 voix.

Front commun

Les partis d'opposition misent sur des défections dans le camp du gouvernement. Mais d'après les observateurs, la coalition va faire «front commun». «La motion de censure du Syriza nous a renforcés», a lancé Stavros Kalafatis, député et ministre adjoint de l'Environnement.

La droite de la Nouvelle-Démocratie (ND) de M. Samaras et les socialistes d'Evangélos Vénizélos, président du Pasok et vice-président du gouvernement, «n'ont pas peur des défections (...), le résultat va renforcer le gouvernement», titrait le journal dominical de centre-gauche «To Vima».

M. Vénizélos a accusé «d'irresponsabilité» le Syriza et a stigmatisé sa manifestation «caricaturale», lors de son discours au Parlement.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!