Genève: La gauche prêche l'égalité fiscale
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GenèveLa gauche prêche l'égalité fiscale

A Genève, l'initiative réclamant la suppression des allègements fiscaux pour les entreprises sera soumise aux citoyens le 28 février.

(Photo d'illustration)

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Keystone

La gauche et les syndicats, qui soutiennent la proposition de suppression des allègements fiscaux, sont entrés en campagne mardi. La question n'est pas aussi simple qu'elle ne paraît à première vue. En effet, personne ne sait, en dehors des autorités, quelles sont les entreprises qui bénéficient aujourd'hui de ces allègements. Seul le montant global de ces allègements est connu. Sur dix ans, entre 2004 et 2014, il s'élève à presque un milliard de francs.

Pour les partisans de l'initiative, même si les noms des bénéficiaires des allègements ne sont pas connus, il ne fait aucun doute que plusieurs grandes multinationales présentes à Genève font partie du lot. Selon eux, ce n'est pas la PME à la peine du coin qui reçoit ce type d'aide.

«Nous assistons aujourd'hui à une subvention aux grandes entreprises qui génèrent d'importants bénéfices», a affirmé Pablo Cruchon, de SolidaritéS. Le contre-projet à l'initiative pour la suppression des allègements fiscaux ne trouve pas non plus grâce aux yeux de la gauche et des syndicats.

Contre-projet opaque

Ce contre-projet manque de transparence et n'apporte rien de contraignant pour les entreprises aidées, a regretté le socialiste Romain de Sainte Marie. En résumé, les initiants estiment que ce texte se résume à une «belle déclaration d'intention» qui ne permet pas d'avancer sur la question.

Les partisans de l'initiative ne sont pas opposés à l'idée d'accorder des allégements fiscaux à certaines entreprises, comme des sociétés en difficulté ou des start-up. «Nous voulons de l'emploi pour des habitants d'ici, et pas des emplois importés par des grands groupes», a cependant précisé M. Cruchon.

Les initiants estiment que le système actuel ne remplit pas ce rôle. Selon eux, cette pratique engendre une inégalité entre les entreprises, et un manque à gagner conséquent pour l'Etat. En outre, l'installation de grandes entreprises et de leur personnel exerce une pression importante sur le marché immobilier et les loyers.

Grande réforme en vue

La votation sur la suppression des allègements fiscaux intervient alors que se profile à l'horizon une vaste réforme de la fiscalité des entreprises en Suisse (RIE 3), qui va engendrer d'importantes pertes de revenus pour le canton de Genève. Toutes les entreprises, locales ou multinationales, devront être imposées au même taux.

La gauche et les syndicats ne sont pas persuadés que cette réforme, qui devrait entrer en vigueur à Genève en 2019, mène à la suppression des allègements fiscaux tels qu'ils sont pratiqués aujourd'hui à Genève.

(ats)

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