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Affaire hollande/gayetLa genèse de la liaison au cœur du «Juliegate»

De marbre, Hollande reste concentré sur son programme politique, tandis que la France s'interroge sur la genèse de sa liaison avec l'actrice Julie Gayet.

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Julie Gayet sera indemnisée pour des photos volées d'elle et de François Hollande, prises à l'Elysée et publiées dans le magazine Voici. (Mardi 5 juillet 2016)

Julie Gayet sera indemnisée pour des photos volées d'elle et de François Hollande, prises à l'Elysée et publiées dans le magazine Voici. (Mardi 5 juillet 2016)

AFP
Le PDG de Prisma Media, Rolf Heinz, sera jugé le 5 juillet 2016 pour avoir diffusé les clichés volés à l'Elysée. (mardi 7 juillet 2016)

Le PDG de Prisma Media, Rolf Heinz, sera jugé le 5 juillet 2016 pour avoir diffusé les clichés volés à l'Elysée. (mardi 7 juillet 2016)

AFP
La magazine VSD affirme que François Hollande et Julie Gayet devraient bientôt officialiser leur relation. (17 juillet 2014)

La magazine VSD affirme que François Hollande et Julie Gayet devraient bientôt officialiser leur relation. (17 juillet 2014)

VSD

La genèse de la liaison entre l'actrice Julie Gayet et François Hollande, ainsi que le sort de sa compagne toujours hospitalisée, alimentaient vendredi le tourbillon médiatique qui laisse de marbre le chef de l'Etat français, concentré sur son programme politique.

L'hebdomadaire Paris Match, dans lequel la compagne de François Hollande depuis 2005, Valérie Trierweiler, écrit des chroniques littéraires, s'est fait l'écho de l'inquiétude de proches concernant son état de santé.

Le magazine affirmait que sa collaboratrice était injoignable par sa famille alors qu'elle avait émis le souhait de quitter vendredi l'hôpital pour rejoindre un pavillon de chasse proche de Paris, utilisé comme résidence d'Etat.

Avant ou après son élection?

Parallèlement, la presse se demande si la liaison entre François Hollande, 59 ans, et Julie Gayet, 41 ans, a débuté avant ou après son élection à la présidence en mai 2012.

Le magazine people Closer, qui a révélé l'affaire le 10 janvier, assure qu'ils sont devenus intimes après avoir fait connaissance fin 2011, mais ne dit pas clairement quand l'idylle a réellement commencé.

Closerévoque notamment des rencontres multiples à partir de décembre 2012.

Défense de sa politique

Le président, au plus bas dans les sondages depuis des mois, s'en est pour sa part tenu toute la semaine à la défense de sa politique imposant ses réformes sur un ton de fermeté rarement entendu depuis son arrivée au pouvoir.

«Tout ce que je dois faire à la tête de l'Etat, c'est de faire en sorte que la France soit une puissance économique, une force qui puisse se mettre en mouvement en Europe et pour elle-même», a-t-il affirmé vendredi devant un parterre d'ambassadeurs.

Une déclaration en forme de credo alors que la presse people et les médias dans leur ensemble se perdent en conjectures sur le sort de Valérie Trierweiler, 48 ans, hospitalisée depuis une semaine. Le président s'est rendu pour la première fois à son chevet jeudi soir.

Procès le 6 mars

La publication de photos volées a déjà trouvé une suite judiciaire. L'actrice a attaqué en justice le magazine pour atteinte à la vie privée et le procès aura lieu le 6 mars, selon une source proche du dossier.

En dépit d'une forte pression médiatique pour clarifier sa situation de couple, François Hollande s'est contenté de répondre aux questions posées sur l'aspect «sécurité» de sa liaison.

Droit «fondamental» à la vie privée

Pour Dominique Wolton, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), cette attitude était celle qu'il fallait adopter au nom du droit «fondamental» à la séparation entre vie privée et publique.

«François Hollande n'a de compte à rendre à personne. La presse n'est pas un juge et l'opinion publique n'est pas un tribunal. Le droit à l'information a des limites : le voyeurisme n'est pas un droit à l'information», estime cet expert en communication politique.

Passer à autre chose

Pour Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'Opinionway(institut de sondages), le président «veut qu'on passe très vite à autre chose mais en refusant toute clarification, il n'a pas réussi à clore le sujet».

La façon de gérer cette crise personnelle pourra jouer sur la perception qu'ont les Français de leur président, estime Bruno Jeanbart, pour qui la liaison elle-même n'aura pas d'impact sur l'opinion.

L'adultère moins «moralement condamnable»

Il rappelle en effet la spécificité de la France sur l'adultère, jugé moins «moralement condamnable» que dans d'autres pays. «Sa capacité à trancher et prendre des décisions, qui a été critiquée sur le plan politique, sera en particulier étudiée», dit-il.

Jean-Daniel Levy, directeur du département opinion de Harris interactive, relève pour sa part «un risque potentiel» pour François Hollande: «quand l'attitude du personnage privé renseigne sur la manière dont il peut se positionner en tant que responsable politique».

Il note ainsi que le tweet de Valérie Trierweiler, soutenant en juin 2012 un rival de l'ancienne compagne de François Hollande, Ségolène Royal, a eu un effet important sur la confiance envers le chef de l'Etat et sur son image «car il a donné à voir un président de la République qui n'avait pas suffisamment d'autorité au sein de son couple, et donc potentiellement à l'égard du gouvernement».

(AFP)

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