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SantéLa gouttière qui soulage les ronfleurs n'est pas remboursée

Les spécialistes demandent depuis des années que ce dispositif, moins invasif que le masque à air, soit également pris en charge par l'assurance de base. C'est encore et toujours non !

par
Geneviève Comby
Peu glamour, le masque à air filtré est souvent mal toléré. Une gouttière qui se glisse entre les dents est une alternative.

Peu glamour, le masque à air filtré est souvent mal toléré. Une gouttière qui se glisse entre les dents est une alternative.

Eric Déroze Cemcav/CHUV

Il ressemble un peu à un appareil dentaire ou aux protections utilisées par les boxeurs. Ce dispositif, une gouttière qui se glisse entre les dents, avance la mâchoire et laisse passer l'air, est utilisé pour soulager les gros ronfleurs, ceux qui font de l'apnée du sommeil et qui risquent d'en payer le prix dans leur santé – sans parler de leur vie de couple. C'est la troisième fois en trois ans que les médecins du sommeil, pneumologues, neurologues, ORL, chirurgiens maxillo-faciaux et dentistes reviennent à la charge : ils souhaitent que les orthèses d'avancement mandibulaires soient inscrites sur la liste dite LIMA (liste des appareils obligatoirement pris en charge dans le cadre de l'assurance obligatoire des soins). On leur a déjà dit non deux fois, ils espèrent que l'Office fédéral de la santé publique dira oui cette fois.

La gouttière est pourtant moins chère

C'est que l'alternative, le masque à air, est plus invasive et moins bien tolérée – 20 à 25% des utilisateurs y renoncent. D'ailleurs, nombre de pays voisins, France, Allemagne et Belgique par exemple, remboursent l'appareil que la Suisse refuse à ses ronfleurs.

«C'est regrettable, d'autant que ce dispositif est plus économique: il coûte environ 1300 fr. et dure trois ans, alors que la location d'un masque à air revient à environ 100 fr. par mois, ce qui fait 3600 francs sur la même période», constate le Dr Raphaël Heinzer, médecin responsable du Centre d'investigations et de recherche sur le sommeil au CHUV.

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