Crise de la dette: La Grèce a jusqu'à minuit jeudi pour convaincre

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Crise de la detteLa Grèce a jusqu'à minuit jeudi pour convaincre

Le «programme complet» promis par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit parvenir aux créanciers du pays avant jeudi minuit

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Plusieurs milliers de manifestants opposés aux conditions du nouveau plan d'aide conclu entre la Grèce et ses créanciers se sont rassemblés dans le calme mercredi à Athènes. (Mercredi 22 juillet 2015)

Plusieurs milliers de manifestants opposés aux conditions du nouveau plan d'aide conclu entre la Grèce et ses créanciers se sont rassemblés dans le calme mercredi à Athènes. (Mercredi 22 juillet 2015)

Keystone
Le gouvernement grec a décidé samedi d'autoriser par décret la réouverture des banques du pays, après environ trois semaines de fermeture. (Samedi 18 juillet 2015)

Le gouvernement grec a décidé samedi d'autoriser par décret la réouverture des banques du pays, après environ trois semaines de fermeture. (Samedi 18 juillet 2015)

Reuters
Angela Merkel mène le camp des faucons, ces états opposés à tout accord avec la Grèce. Elle a encore promis des «négociations ardues». (Dimanche 12 juillet 2015)

Angela Merkel mène le camp des faucons, ces états opposés à tout accord avec la Grèce. Elle a encore promis des «négociations ardues». (Dimanche 12 juillet 2015)

Keystone

La Grèce, encouragée par de premiers commentaires positifs, mettait la dernière main jeudi au nouveau programme de réformes avec lequel elle espère convaincre ses partenaires européens de reprendre leur aide financière et de la garder dans la zone euro.

Les pays les plus conciliants envers Athènes semblaient vouloir croire à une issue positive après la multiplication de déclarations alarmistes ces dernier jours.

«Le sentiment est que le dialogue est noué ou renoué, qu'il y a une issue», a fait valoir le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Le Premier ministre français, Manuel Valls, avait salué la veille une «réelle volonté d'avancer et de réformes» et le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, un changement de ton «positif».

Les pays tenants d'une ligne dure, notamment l'Allemagne, se sont abstenus de commentaires pessimistes.

Jusqu'à minuit

Le «programme complet» promis par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit parvenir aux créanciers du pays (UE et FMI) avant jeudi minuit (22H00 GMT).

«Nous travaillons», a simplement indiqué à l'AFP une source gouvernementale, alors que le chef de l'exécutif est rentré à Athènes mercredi soir, rencontrant aussitôt le président Prokopis Pavlopoulos pour l'informer des discussions en cours.

Alexis Tsipras tente depuis le référendum de dimanche, remporté par son camp et les partisans du rejet des dernières propositions des créanciers, de sortir les négociations de la logique partisane. Après avoir défini, lundi, des objectifs communs avec les autres chefs de partis grecs, il a repris des consultations avec ces derniers.

Avec des experts français

Selon la presse grecque, des experts français assistent les équipes techniques grecques chargées de rédiger un programme qui, selon le quotidien économique Naftemboriki, sera «un mélange du plan de 47 pages» proposé par les Grecs avant le référendum et des dernières propositions de la Commission européenne. Avec un effort budgétaire évalué entre 10 et 12 milliards d'euros par le quotidien, soit plus que les propositions initiales du gouvernement grec.

Une information démentie tant par une source française à Bruxelles que par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Athènes a demandé au MES un financement sur trois ans.

«La France veut faciliter les choses et est très en avant pour soutenir un accord, mais en aucun cas nous ne tenons la plume avec eux pour rédiger les propositions», a indiqué cette source française.

Le «Grexit» évoqué

Si la proposition grecque est jugée satisfaisante, les dirigeants européens pourraient donner leur feu vert à un nouveau programme d'aide dimanche, lors d'un sommet exceptionnel à Bruxelles élargi aux 28 pays de l'Union européenne, les conséquences politiques de la crise grecque s'étendant bien au-delà de la seule zone euro.

La Grèce a adressé formellement mercredi à la zone euro, son principal créancier, cette nouvelle demande d'aide sur trois ans.

Dans le cas contraire, le sommet pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant une sortie de la Grèce de la monnaie unique, «un scénario noir» que les Européens n'ont plus exclu ces derniers jours.

Pas de «plan caché»

Alexis Tsipras avait tenu un discours rassurant à la tribune du Parlement européen à Strasbourg mercredi réaffirmant son engagement sur des réformes et un «ajustement financier» qu'il juge «nécessaires». Et assurant n'avoir aucun «plan caché» de sortie de l'euro.

Une manifestation pour défendre le maintien de la Grèce dans l'euro était prévue jeudi soir devant le parlement à Athènes.

Mais Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale et porté au pouvoir en janvier sur la promesse de ne pas imposer davantage d'austérité à la Grèce, a aussi défendu son «droit à choisir» la manière de redresser le pays de manière à ce qu'elle soit «socialement juste».

Goutte-à-goutte financier

Il presse également ses partenaires d'accorder au pays un allègement de son énorme dette, qui atteint 320 milliards d'euros, soit 180% du PIB. Il a de nouveau reçu mercredi l'appui indirect du FMI dont la directrice générale, Christine Lagarde, a jugé «nécessaire» une restructuration de dette sur laquelle les Européens refusent de s'engager.

Signe de l'exaspération croissante et des tiraillements au sein des créanciers, l'Allemand Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) et gouverneur de la Bundesbank, a estimé jeudi que l'institution monétaire ne devait plus fournir d'aide d'urgence à la Grèce et appelé les gouvernements européens à assumer ce choix.

La BCE maintient en vie le système bancaire grec par un goutte-à-goutte financier mais a gelé depuis une semaine ses prêts d'urgence aux banques grecques. Faute d'accord, elle pourrait les lâcher définitivement.

Des liquidités jusqu'à lundi

Les banques grecques, fermées depuis le 28 juin, le resteront jusqu'à lundi, avec un plafond de retraits aux distributeurs toujours limité à 60 euros par jour pour éviter d'aggraver la crise de liquidité du secteur.

La présidente de l'Union des banques grecques, Louka Katseli, également présidente de la Banque nationale de Grèce, a assuré jeudi sur la chaîne Mega que les liquidités étaient suffisantes jusqu'à lundi mais s'est montrée plus prudente quant à l'éventualité de saisies sur les dépôts des épargnants: «Plus vite nous revenons à un fonctionnement normal des banques, plus faible est le risque de coupes» dans les dépôts.

(AFP)

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