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WEF 2012La Grèce menacée de tutelle, le monde somme la zone euro d'agir

L'ombre de la Grèce, menacée de mise sous tutelle par les Européens, a une nouvelle fois plané au-dessus de Davos où l'inertie de la zone euro, qui tarde à mettre en place des solutions pour en finir avec la crise, a été critiquée samedi par une bonne partie de la planète.

L'eurosceptique chancelier de l’Échiquier George Osborne a dû prendre la défense de l'Union européenne à Davos.

L'eurosceptique chancelier de l’Échiquier George Osborne a dû prendre la défense de l'Union européenne à Davos.

Keystone

Seul dirigeant appartenant à l'Union européenne, lors d'un débat samedi à Davos sur l'économie mondiale, l'eurosceptique chancelier de l’Échiquier George Osborne a été contraint de prendre la défense de l'Europe.

«Beaucoup de choses se sont produites ces derniers (...) mois dans la zone euro et nous devons reconnaître cela», a-t-il indiqué, insistant cependant que «plus doit être fait» et que cela devait se produire «dans les prochaines semaines». Le chancelier de l'Echiquier faisait notamment référence aux «pare-feux» financiers que la zone euro cherche laborieusement à mettre en place pour éviter la contagion.

«Le pare-feu est la clé pour libérer la confiance» des investisseurs, des gouvernements et des consommateurs, a-t-il estimé. Mais George Osborne s'en est aussi pris à l'incapacité des Européens à régler le problème de la Grèce, dont les difficultés budgétaires ont éclaté au grand jour fin 2009.

Mener des actions décisives

«Nous sommes au début de 2012 et nous parlons encore de la Grèce. Cela est un signe que ce problème n'a pas été réglé», a-t-il insisté. «L'incapacité» des Européens à avancer sur ce dossier «provoque des ondes de choc» dans l'ensemble du monde, a-t-il averti. Aucun pays au monde n'est en mesure d'échapper à la crise européenne, a averti de son côté la présidente du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde.

«Personne n'est immunisé (...). Ce n'est pas seulement une crise de la zone euro, c'est une crise qui peut avoir des effets collatéraux (...) dans le monde entier», a-t-elle prévenu. Dans ce contexte, il est «critique» que la zone euro mette en place les «pare-feux» financiers prévus afin de limiter l'effet de contagion et de rétablir la confiance.

Le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda, s'exprimant par vidéo-conférence au Forum économique mondial (WEF) de Davos, a quant à lui pointé du doigt la zone euro comme étant «la source majeure de risque pour l'économie mondiale». «Je n'ai jamais été aussi effrayé que maintenant», a renchéri le chef de l'exécutif de Hong Kong, Donald Tsang. Car les économies, notamment asiatiques, sont bien plus interconnectées que lors de la crise financière qui a secoué l'Asie dans les années 1990, a-t-il averti.

Pour Donald Tsang, 2012 sera une année «critique» et à cet égard il a appelé les dirigeants européens à mener des actions décisives. «Vous devez inspirer confiance et cette confiance doit venir d'actions décisives des gouvernements travaillant ensemble (et) très rapidement», a-t-il souligné. Mark Carney, gouverneur de la banque centrale canadienne et président du Conseil de stabilité financière (FSB) a rejoint l'avalanche de critiques, en insistant que l'UE devait non seulement agir rapidement, mais aussi prendre les bonnes décisions.

Contrôle permanent du budget grec

Alors que les négociations, entre le lobby bancaire international (IIF) et le gouvernement grec devaient reprendre samedi en début d'après-midi à Athènes, Mark Carney a estimé qu'il était important que la taille de la décote conduise à un niveau de dette «crédible» et «durable».

Symbole des tensions autour de la dette grecque, certains pays de la zone euro, dont l'Allemagne, ont réclamé un contrôle européen permanent du budget de la Grèce, une proposition exclue par Athènes. «Il y a des discussions et des propositions au sein de la zone euro, dont une de l'Allemagne» pour «renforcer le contrôle des programmes et des mesures sur place», a déclaré une source européenne sous couvert d'anonymat.

Une «expertise externe sur place pourrait être pilotée par les institutions européennes et devrait aussi avoir certains pouvoirs de décision», a ajouté cette source. Interrogé, le ministère allemand des Finances n'a pas fait de commentaire. A Athènes, des sources gouvernementales grecques ont dit leur refus catégorique d'une telle solution.

Ce projet circule alors que les dirigeants européens doivent se réunir lundi à Bruxelles pour adopter un nouveau traité budgétaire européen.Mais la rigueur budgétaire, prônée par les dirigeants, conjugué au ralentissement conjoncturel en Europe, provoque aussi de plus en plus de mécontentement. A Barcelone, enseignants, policiers, pompiers et infirmières devaient manifester samedi contre la politique d'austérité du gouvernement régional, au moment où Madrid impose aux régions espagnoles une stricte discipline budgétaire.

(AFP)

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