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Transport aérienLa grève de Ryanair suspendue en Italie

Les pilotes italiens, qui avaient prévu de cesser le travail ce vendredi, ont suspendu leur mouvement.

Le groupe irlandais était sous la menace de la première grève de pilotes de son histoire.

Le groupe irlandais était sous la menace de la première grève de pilotes de son histoire.

AFP

La compagnie à bas coût Ryanair a proposé vendredi d'accepter en son sein pour la première fois des syndicats de pilotes. Ce virage à 90 degrés lui a permis d'obtenir la suspension d'une grève sans précédent en Italie.

La démarche de Ryanair «est un premier pas très important», a commenté l'Association nationale des pilotes de l'aviation civile (Anpac) italienne, appelant ses membres «à suspendre la grève prévue pour aujourd'hui» de 13h à 17h.

Les commandants et copilotes de vol italiens avaient prévu ce débrayage, en même temps qu'un mouvement distinct des contrôleurs aériens, en raison du refus de la direction d'ouvrir des négociations sur les contrats de travail. Un peu plus tôt, le syndicat italien des transports Fit-Cisl avait accueilli plutôt froidement la proposition de Ryanair.

«Ryanair est une entreprise qui fonctionne grâce à tous ses employés, pilotes, assistants de vol et ingénieurs. Il n'est pas pensable de dialoguer avec seulement une partie d'entre eux. Cela fait des années que nous dénonçons les conditions de travail chez Ryanair (...) et (qui) maintenant, face à l'évidence de la réalité, commence à ouvrir les yeux», a déclaré dans un communiqué Antonio Piras, son secrétaire général.

Première grève de pilotes de son histoire

Confrontée à l'annonce de plusieurs grèves, la compagnie irlandaise à bas coût a annoncé qu'elle était prête à reconnaître pour la première fois de son histoire des syndicats de pilotes.

Le groupe irlandais était sous la menace de la première grève de pilotes de son histoire, avec le mouvement finalement annulé en Italie, avant une grève pour l'heure maintenue en Irlande et au Portugal le 20 décembre, sur fond de malaise social grandissant.

Dans l'espoir de voir ces actions annulées, il a annoncé vendredi matin vouloir engager des discussions avec les syndicats de pilotes dans plusieurs pays afin de les reconnaître comme représentatifs, à condition cependant qu'ils mettent en place des commissions dédiées à Ryanair.

Offre faite dans six pays

L'offre a été faite aux syndicats de pilotes en Irlande, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Portugal.

Le syndicat Impact, qui chapeaute le syndicat des pilotes irlandais Ialpa, a fait part de son souhait de se réunir dès vendredi ou au cours du week-end avec la direction de Ryanair pour «faire des progrès» avant la grève de la semaine prochaine.

En Espagne, aucune grève n'est prévue pour les pilotes, mais les syndicats du personnel au sol n'écartent pas une action le 30 décembre. La reconnaissance des syndicats de pilotes est «du bluff», a déclaré à l'AFP Jorge Carrillo, du syndicat CCOO.

Enfin, au Portugal, les pilotes n'avaient pas encore réagi, mais le syndicat du personnel de bord tente d'entamer un dialogue social avec Ryanair et n'a pas exclu un appel à la grève.

Malaise social

«Les vols pour Noël sont très importants pour nos clients et nous souhaitons éviter toute crainte ou inquiétude sur de possibles perturbations en raison des mouvements sociaux des pilotes», explique dans un communiqué Michael O'Leary, directeur général de Ryanair.

«Reconnaître des syndicats sera un changement important pour Ryanair», ajoute-t-il. En trente ans d'existence, la compagnie aérienne à bas coût n'a connu aucun débrayage de pilotes. Mais cet automne tumultueux, marqué par des milliers d'annulations de vols, a témoigné d'un malaise social, même si Ryanair a mis ces perturbations sur le compte de problèmes de plannings de vacances.

Première compagnie européenne en terme de passagers transportés, Ryanair ne voulait négocier jusqu'à présent avec ses pilotes qu'au sein de comités locaux de représentation du personnel.

Les syndicats mécontents des pilotes, qui réclament de meilleures conditions de travail et de rémunération, demandent la reconnaissance d'une instance unique de représentation du personnel sur le plan européen.

(ats)

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