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SantéLa grippe aviaire fait son retour

Un nouveau virus vient d'être détecté: le H6N1. Il a déjà contaminé une jeune femme. Mais risque-t-il de déclencher une épidémie mondiale? Pour l'instant, il semblerait que non.

par
Pascale Bieri
Certains éleveurs risquent de perdre toutes leurs volailles.

Certains éleveurs risquent de perdre toutes leurs volailles.

Reuters

Le H6N1 sera-t-il à l'origine d'une pandémie – tant redoutée – de grippe aviaire? La question ressurgit dès qu'un nouveau virus issu du monde animal contamine un être humain. Et là, c'est reparti. Par ailleurs, le H7N9 et le H5N1 – qui ont déjà fait de nombreuses victimes – n'ont pas dit leur dernier mot.

LE H6N1 Une première infection humaine découverte

Si le H6N1 n'est pas un inconnu chez les oiseaux, il vient de frapper un humain pour la première fois. En l'occurrence, une jeune femme de 20 ans. Toutefois, après une brève hospitalisation, elle est de nouveau sur pied. «Ce virus semble peu pathogène et sensible aux traitements antiviraux disponibles. Par conséquent, en tant que tel, il ne représente pas un réel danger», relève Yves Thomas, spécialiste en virologie aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). A suivre, car il peut évoluer. Le risque principal de tels virus d'origine animale étant qu'ils «s'appareillent» à un virus humain de sorte à nous contaminer directement, ou qu'ils opèrent des mutations jusqu'à cette fin.

LE H7N9 Il a déjà causé la mort de 45 personnes en 9 mois

Après un léger stand-by, le H7N9, vient d'infecter deux nouvelles personnes en Chine: un garçonnet de 3 ans ainsi qu'une femme de 64 ans. Détecté pour la première fois chez l'homme à Shanghai, en mars 2013, ce virus a entraîné la mort de 45 personnes. Quant à l'arrivée de la grippe hivernale, elle suscite de nouvelles inquiétudes. «On pourrait imaginer que le H7N9 resurgisse à ce moment-là», relève Yves Thomas. D'autant que ce virus se transmet facilement à l'être humain. En revanche, il n'y a encore aucune preuve de transmission interhumaine. Ce qui, là, pourrait déclencher une pandémie. Agressif, le virus affecte principalement des personnes souffrant de problèmes de santé. Une bonne nouvelle cependant: un vaccin a été lancé ces tout derniers jours.

LE H5N1 Endémique depuis quelques années

Le H5N1 a frappé l'homme pour la première fois à Hongkong, en 1997, avant de se propager à large échelle en 2003, puis de devenir endémique dans certaines régions d'Asie. Aujourd'hui, on compte une cinquantaine de nouveaux cas par an, dont 50% de mortalité. Si le nombre des cas d'infection humaine augmente dans le temps, la probabilité s'accroît aussi que des personnes, infectées simultanément par des souches humaines et aviaires, servent de «creuset» pour l'apparition d'un nouveau sous-type ayant suffisamment de gènes provenant du virus humain pour avoir la possibilité de se transmettre facilement d'une personne à l'autre.

Et en plus, la grippe de saison arrive

C'est parti pour la saison 2013-2014 de la grippe saisonnière! Les premiers cas ont été enregistrés dans les pays du Nord (Suède, Norvège) ainsi qu'en Angleterre.

«Actuellement, on reçoit des prélèvements de toute la Suisse, relève Yves Thomas, responsable du Centre Influenza. Le virus n'a pas encore été détecté chez nous, mais cela ne devrait pas tarder.» Cela étant, aucun risque d'épidémie avant trois semaines au plus tôt.

Pour l'heure, les virus qui circulent sont semblables à ceux de l'année dernière. Par conséquent, le vaccin annuel assure une bonne protection. Cela étant, rien ne dit que la situation sur le front de la grippe sera aussi calme que l'année dernière. «L'épidémie peut être très différente, prédit Yves Thomas. Et je ne serais pas surpris que ce soit le cas .»

Bref, pour éviter d'être terrassés, il est encore temps de vous faire vacciner.

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