Jura bernois – La guerre du chanvre change de cap à Moutier
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Jura bernoisLa guerre du chanvre change de cap à Moutier

Après l’odeur diffusée en ville par une culture indoor, ce sont les conditions de travail qui font débat.

par
Vincent Donzé
Le site de l’ancienne verrerie de Moutier semble désaffecté, mais il ne l’est pas.

Le site de l’ancienne verrerie de Moutier semble désaffecté, mais il ne l’est pas.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Une odeur de chanvre plane-t-elle toujours sur Moutier, depuis qu’une partie de la population s’est insurgée contre le parfum émanant d’une ancienne verrerie reconvertie en culture de cannabis thérapeutique? Jeudi dernier, lematin.ch n’a rien senti de désagréable en reniflant l’air, sauf en posant son nez sur la porte de l’usine… La floraison et le séchage sont-ils des phases terminées? Ou le vent a-t-il balayé l’odeur des huiles essentielles qui stagnait dans la cuvette prévôtoise?

Selon le maire Marcel Winistoerfer, une firme chinoise est active dans l’ancienne verrerie pour cultiver un à deux hectares de cannabidiol. Confirmation pas un chauffeur de taxi: «Jusqu’à Noël, je déposais régulièrement des Chinois à l’entrée principale de l’ancienne verrerie».

Inondation du 23 juin

Une première entreprise s’était installée dans l’ancienne verrerie pour y cultiver légalement du cannabis thérapeutique, mais une inondation survenue le 23 juin dernier a dévasté ses plantations, une catastrophe qui a contraint l’exploitant à déposer le bilan.

«Le Journal du Jura» l’a indiqué la semaine dernière: le débat ne s’est pas calmé, puisque le parlementaire Francis Pellaton (Moutier à venir) a exprimé des doutes sur les conditions de travail appliquées dans cette culture. Parfois au nombre de 4, parfois 15, les employés sont asiatiques. Le Conseil municipal est prié d’indiquer si le personnel embauché dispose de «visas, respectivement de permis de travail valables, et de salaires décents».

Démarche administrative

Francis Pellaton remet en cause la démarche administrative qui a permis l’installation de cette exploitation. Dans une interpellation urgente, cet élu exprime ses doutes: «Je n’ai pas vu de publication officielle concernant le changement d’affection de ces locaux», note-t-il.

Francis Pellaton veut savoir si «les services communaux et cantonaux concernés ont contrôlé toutes les installations, évacuation des eaux, sanitaires et ventilation».

La plantation est située dans une zone industrielle enserrée dans la montagne.

La plantation est située dans une zone industrielle enserrée dans la montagne.

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Après une première rencontre sur place le 22 décembre dernier, les autorités communales prévoient de revoir le propriétaire du bâtiment et le gérant de l’exploitation. Lors de cette visite, le maire a notamment constaté que les filtres étaient en mauvais état, mais l’exploitant a semble-t-il rapidement réagi pour limiter le dégagement d’odeurs.

Aucune infraction n’a été constatée dans la teneur en THC, principale molécule active du cannabis: le taux mesuré l’an dernier par la police cantonale était inférieur à 1,0%. Mais pour limiter les odeurs, des filtres supplémentaires devront probablement être posés dans la ventilation.

L’Office cantonal de l’environnement et celui du travail participeront à la réunion du 19 janvier prochain. Le gérant de l’exploitation n’a jamais ouvert ses locaux à la presse.

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