Tensions: La guerre du Haut-Karabakh se poursuit à Berne

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TensionsLa guerre du Haut-Karabakh se poursuit à Berne

La rencontre du président du Conseil des États Alex Kuprecht avec l’ambassadrice d’Azerbaïdjan a fait réagir les Arméniens de Suisse.

par
Eric Felley
Cette photo publiée par l’ambassade azérie sur Twitter a fait réagir du côté arménien. On y voit à Gauche Alex Kuprecht (UDC/SZ), président du Conseil des États, et, à droite, l’ambassadrice azérie, Hanum Ibrahimova.

Cette photo publiée par l’ambassade azérie sur Twitter a fait réagir du côté arménien. On y voit à Gauche Alex Kuprecht (UDC/SZ), président du Conseil des États, et, à droite, l’ambassadrice azérie, Hanum Ibrahimova.

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Si les hostilités ont cessé le 9 novembre dernier sur le plateau du Haut-Karabakh en faveur de l’Azerbaïdjan, les tensions n’en restent pas moins vives entre les deux communautés azéries et arméniennes, qui se disputent ce territoire depuis au moins un siècle. En Suisse aussi, les milieux politiques sont divisés. Dans ce contexte, la rencontre du 10 décembre dernier entre le président du Conseil des États Alex Kuprecht (UDC/SZ) et l’ambassadrice azérie Hanum Ibrahimova a mis de l’huile sur le feu.

C’est la diplomate elle-même qui a fait de la publicité autour de cette réunion en publiant sur Twitter une photo et un commentaire pour dénoncer la «propagande» des Arméniens auprès des autorités helvétiques, qui viserait à affaiblir sa neutralité. Les Arméniens ont fait savoir leur mécontentement et ont déploré une invitation unilatérale de la partie adverse. Du coup, une rencontre a été prévue au mois de janvier avec la représentation arménienne.

Les milliards de Socar en Suisse

Rappelons que depuis le début des années 2000, la Suisse a entretenu des relations très étroites avec l’Azerbaïdjan et son dirigeant Ilham Aliev au pouvoir depuis 2003. À Berne, certains dénoncent le manque de neutralité de la politique helvétique. C’est le cas du conseiller national Stefan Müller-Altermatt (PDC/SO), qui défend la cause arménienne, pays chrétien. Il a déposé diverses interventions pour connaître le rôle de la Suisse dans ce conflit, notamment le financement de la guerre à travers les activités de la société nationale pétrolière azérie Socar, qui mentionnait, en 2019, 37,5 milliards de dollars de revenus commerciaux avec ses sociétés en Suisse. Son collègue Carlo Sommaruga en a fait de même au Conseil des États en déposant un postulat cosigné par Thomas Minder (Ind./SH), Beat Rieder (PDC/VS) et Charles Juillard (PDC/JU).

Concernant Socar, le Conseil fédéral a répondu à l’heure des questions: «Dans le cadre des exigences légales, les sociétés sont en principe libres de disposer de leurs bénéfices. Le transfert de capitaux de la Suisse vers d’autres pays ne peut être limité que si les exigences légales ne sont pas respectées. Par exemple la violation de mesures de sanctions ou le blanchiment d’argent». Pour le reste la Suisse s’en remet aux instances internationales ONU, OSCE ou UE pour dénoncer le cas échéant des violations des droits de l’homme. Ce ne serait pas le cas dans le conflit du Haut-Karabakh.

4000 monuments à protéger

Dans ce même dossier, la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD) a déposé une interpellation. Constatant que «le territoire du Haut-Karabakh est un des majeurs bassins culturels de l’histoire arménienne, comportant plus de quatre mille monuments», elle se demande comment, dans le cadre de l’Unesco; le Conseil fédéral entend s’investir pour leur protection. La réponse lui parviendra ultérieurement.

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