Conflit russo-ukrainien: la guerre plombe les prévisions de croissance et d’inflation de l’UE
Publié

Conflit russo-ukrainienLa guerre plombe les prévisions de croissance et d’inflation de l’UE

La Commission européenne a révisé lundi ses prévisions pour 2022: dans la zone euro, le PIB ne devrait augmenter que de 2,7%, tandis que l’inflation, elle, sera plus forte que prévu de 3,5 points.

Le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni a mis en garde lundi: les prévisions de croissance pour l’année ne sont pas encore négatives, mais pourraient le devenir si la Russie arrête ses livraisons de gaz vers l’Europe.

Le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni a mis en garde lundi: les prévisions de croissance pour l’année ne sont pas encore négatives, mais pourraient le devenir si la Russie arrête ses livraisons de gaz vers l’Europe.

AFP

La guerre en Ukraine et l’impact des sanctions contre la Russie ont poussé la Commission européenne à réduire drastiquement lundi ses prévisions de croissance pour l’économie européenne, en raison notamment d’une inflation plus élevée que prévu. Bruxelles a abaissé de 1,3 point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) pour la zone euro en 2022, à 2,7%, et augmenté de 3,5 points sa prévision d’inflation, à 6,1%, par rapport aux derniers chiffres annoncés le 10 février avant le déclenchement de l’offensive russe.

Le choc est particulièrement rude. Il s’agit «d’une des plus fortes baisses de prévisions» de la Commission européenne, a souligné le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, lors d’une conférence de presse. Ces chiffres sont encore soumis à «une forte incertitude» liée à l’évolution du conflit. Pour l’instant, la croissance sur l’ensemble de l’année «n’est pas attendue en territoire négatif». Mais «c’est une possibilité» si la Russie arrête brutalement ses livraisons de gaz russe vers l’Europe, a-t-il mis en garde.

Le pic de l’inflation n’est pas encore atteint

La guerre en Ukraine a renforcé les vents contraires qui existaient avant le début du conflit, mais qui auraient dû se dissiper au cours de l’année. Il s’agit en particulier des hausses de tarifs des matières premières qui, au-delà de l’énergie, se propagent aux prix de l’alimentation et de certains produits industriels et services. Le conflit a également accru les problèmes des chaînes d’approvisionnement et augmenté l’incertitude tant pour les entreprises que pour les ménages.

L’inflation dans la zone euro bat un nouveau record tous les mois depuis novembre, réduisant le pouvoir d’achat des ménages. Son pic est attendu au cours du deuxième trimestre et elle devrait ensuite «très graduellement diminuer» sur le reste de l’année, puis plus nettement l’an prochain, selon Paolo Gentiloni. Il a toutefois reconnu que de possibles hausses des salaires pourraient continuer d’alimenter la hausse des prix à la consommation, d’autant que le marché du travail reste solide. Le taux de chômage est au plus bas en Europe et Bruxelles prévoit qu’il baisse encore à 6,7% cette année et 6,5% en 2023 dans l’UE.

Évolution en dents de scie depuis deux ans

L’économie connaît une évolution en dents de scie depuis deux ans. Après avoir été frappée en 2020 par les effets de la pandémie de Covid, l’activité a fortement rebondi à partir du printemps 2021. Résultat, une croissance record de 5,4% enregistrée l’an dernier dans la zone euro, après une récession historique (PIB en repli de 6,4%) l’année précédente.

En 2022, la France (+3,1%) devrait faire deux fois mieux que l’Allemagne (+1,6%), pénalisée à la fois par sa dépendance aux énergies fossiles russes et le poids de son industrie, notamment automobile, plus affectée par les ruptures d’approvisionnement. La Commission européenne prévoit globalement une amélioration des comptes publics. En 2020, les plans d’aide massifs à l’économie avaient propulsé le déficit à 7,1% du PIB dans la zone euro. Bruxelles table sur 3,7% cette année et 2,5% en 2023.

(AFP)

Votre opinion

10 commentaires