Commentaire – La hausse du prix de l’essence, ce cri de ralliement!

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CommentaireLa hausse du prix de l’essence, ce cri de ralliement!

En Suisse, une certaine partie de la population demeure très susceptible, quand le prix de l’essence prend l’ascenseur. Ce sont les mêmes qui ont fait couler la loi sur le CO₂.

par
Eric Felley
En France, en 2018, les Gilets jaunes ont réussi à mobiliser les campagnes sur le thème d’une hausse du prix de l’essence.

En France, en 2018, les Gilets jaunes ont réussi à mobiliser les campagnes sur le thème d’une hausse du prix de l’essence.

AFP

Ce ne sont pas les taxes de la loi sur le CO₂ qui auront fait augmenter le prix des carburants jusqu’au fin fond de nos vallées alpines, jusque dans le ventre de nos damneuses, mais Vladimir Poutine et ses tanks. Dans les régions périphériques, la hausse du prix des carburants suscite une réaction politique épidermique. Cela montre à quel point notre économie, notre mode de vie et notre humeur même sont dépendants de chiffres affichés sur une pompe  à essence, jusqu’à provoquer un effet de panique.

En 2018 en France, cette hausse avait été le détonateur du mouvement des Gilets jaunes qui ont déversé sur Paris leur formidable colère pendant près de deux ans. En 2022, Le Gouvernement français n’entend pas rejouer la partie. Le premier ministre Jean Castex a annoncé samedi que le trésor public allait assumer une remise à la pompe de 15 centimes par litre à partir du 1er avril et durant quatre mois. Il a bien précisé que cela n’avait rien à voir avec les élections à venir.

Des taxes suspendues pour six mois

En Suisse, on ressent cette même fébrilité politique autour de la question du prix de l’essence. Alors que le Valaisan Sidney Kamerzin (C/VS) déposait la semaine dernière une question à Berne pour faire baisser les taxes ou la TVA,  d’autres parlementaires lui ont emboîté le pas. Ce lundi l’UDC annonce le lancement d’une pétititon pour une suspension de six mois des taxes sur les carburants, voire plus, jusqu’à ce que la situation s’améliore.

A l’UDC, on a un lien particulier avec le pétrole. Jean-Luc Addor, (UDC/VS), Piero Marchesi (UDC/TI) ou le transporteur argovien Benjamin Giezendanner (UDC/AG) ont aussi déposé des questions demandant de prendre des mesures pour sauver le soldat essence! De leur côté, les socialistes cherchent aussi à occuper le terrain. Christian Dandrès (PS/GE) demande au Conseil fédéral de faire preuve de créativité: «Comment le bénéfice des taxes sur les combustibles, qui devraient augmenter vu la hausse des prix, peut-il être redistribué aux consommateurs».

A l’horizon 2050

Dans ses diverses réponses faites lundi, le Conseil fédéral ne semble pas vouloir céder à la panique et s’en remet grosso modo aux lois du marché. Il a y deux semaines, les parlementaires ont débattu de l’initiative pour les glaciers, qui voudraient que nos sociétés, que la planète entière se débarrassent des énergies fossiles à l’horizon 2050. On ne voit pas très bien comment, dans 28 ans, les gens auront à ce point changé pour que le prix de l’essence à la pompe ne soit plus un sujet de polémique et un enjeu politique. On aimerait bien, mais on ne voit pas comment. En tout cas, les tanks russes n’ont par l’air d’être des tanks électriques. 

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