Santé: La jungle des apps médicales

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SantéLa jungle des apps médicales

Il existe aujourd'hui une montagne d'applications médicales, mais leurs bienfaits ne sont pas prouvés scientifiquement.

par
Renaud Michiels
La santé grâce à son smartphone? Pourquoi pas, mais il faut savoir distinguer le bon grain de l'ivraie.

La santé grâce à son smartphone? Pourquoi pas, mais il faut savoir distinguer le bon grain de l'ivraie.

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Il en existe pour les pollens, le diabète, les tiques, les AVC, les problèmes cardiaques, les apnées du sommeil: les applications santé pullulent. Avec à la clé un bienfait pour la santé? Pas forcément. C'est plutôt une «jungle» dans laquelle il faut savoir distinguer le bon grain de l'ivraie, explique le Dr Jean Gabriel Jeannot, spécialiste en médecine interne à Neuchâtel et expert en santé numérique.

Pour lui, il faut d'abord définir de quoi on parle. «Les applications axées sur le bien-être – mangez de la salade, faites du yoga, etc. – ne sont évidemment pas problématiques. Tout comme celles vraiment axées santé mais centrées sur le service.»

Le spécialiste et créateur de medicalinfo.ch donne l'exemple de SmartHUG, une application des Hôpitaux universitaires de Genève permettant par exemple de connaître le service d'urgence le plus proche ou les temps d'attente.

Pour le reste, le Dr Jeannot prône la prudence. «Les applications qui ont un contenu médical, clinique, suscitent un réel engouement et apparaissent modernes et attractives. Mais le grand problème c'est que pour l'immense majorité il n'existe aucune validation de qualité.»

Pour le diabète, on en dénombre par exemple des dizaines et des dizaines. «Ce sont potentiellement des outils fantastiques, le monde médical doit être ouvert à ces nouveautés. Mais critique, aussi, car les bonnes intentions ne suffisent pas», plaide Jean Gabriel Jeannot. «Or aucune de ces applications n'a démontré scientifiquement son efficacité. Sans parler de tous les problèmes juridiques: en premier lieu, qu'advient-il de mes données?»

En manque de label

Lorsqu'on joue avec la santé, il est en effet étonnant que ces applications ne soient pas encadrées. Elles pourraient devoir passer un processus d'homologation, comme les médicaments. Jean Gabriel Jeannot souhaite, lui, plutôt des labels de qualité, à l'image de mHealth Quality, qui se développe actuellement en France.

Amélioration de la survie

L'expert estime cependant que l'avenir appartient plutôt aux applications spécifiques, de niche. «Comme MoovCare, conçue pour le suivi de personnes atteintes du cancer du poumon. Elle offre une amélioration de la survie qui a été démontrée.» Et à la télémédecine. «Dans d'innombrables exemples, un contact direct entre le praticien et son patient n'est pas indispensable», note Jean Gabriel Jeannot.

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