Tchad - La junte tchadienne interdit une manifestation de l’opposition

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TchadLa junte tchadienne interdit une manifestation de l’opposition

La junte a constitué dimanche un gouvernement de transition composé de 40 ministres et secrétaires d’État, presque tous acquis au parti d’Idriss Déby.

Le 27 avril, six personnes ont été tuées à N’Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations.

Le 27 avril, six personnes ont été tuées à N’Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations.

AFP

La junte au pouvoir au Tchad depuis la mort du président Idriss Déby Itno a interdit une manifestation prévue samedi à l’appel de plusieurs partis d’opposition car ses organisateurs n’ont pas obtenu d’«autorisation préalable», selon un communiqué diffusé vendredi par le ministre de la sécurité publique.

Rassemblements sporadiques contre la junte

La police tchadienne a dispersé samedi à coups de gaz lacrymogène quelques manifestations sporadiques de dizaines de personnes à l’appel de l’opposition et de la société civile à N’Djamena contre la junte qui a pris le pouvoir après la mort du président Idriss Déby Itno, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Wakit Tama, un collectif de partis d’opposition et d’associations de la société civile, a appelé à manifester contre le Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président. Le nouvel homme fort du Tchad, entouré de 14 généraux, tous fidèles à son père, concentre presque tous les pouvoirs. Il s’est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées.

«La marche dite pacifique de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama, (…) n’ayant pas eu une autorisation préalable (…) est strictement interdite sur l’ensemble du territoire national», selon un communiqué signé par Souleymane Abakar Adoum, le ministre de la Sécurité publique.

Les organisateurs de la manifestation «ne donnent pas de détails sur leur itinéraire. (…) On a voulu autoriser mais, eux, ils se sont radicalisés. Ils veulent l’affrontement avec nous. S’ils veulent l’affrontement, ils l’auront», a déclaré à l’AFP Abdramane Koulamallah, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. «Ils n’ont aucun droit de nous bloquer ou de nous dire de passer par ici ou par là», a réagi de son côté auprès de l’AFP Max Loalngar, le coordinateur du collectif Wakit Tama. «Nous exercerons nos droits», a-t-il poursuivi.

6 personnes tuées le 27 avril

Le ministre de la Sécurité publique a autorisé dans un autre arrêté une manifestation organisée par l’Entente de la société civile pour un dialogue inclusif et une transition consensuelle apaisée. Le 27 avril, six personnes ont été tuées à N’Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations, interdites par les autorités, à l’appel de l’opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes ont été arrêtées.

La junte a constitué dimanche par décret un gouvernement de transition composé de 40 ministres et secrétaires d’État. Les postes régaliens sont presque tous aux mains de membres du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti d’Idriss Déby.

Deux membres du parti de l’opposant historique au maréchal Déby, Saleh Kebzabo, ont fait leur entrée dans le gouvernement de transition. Le parti de Saleh Kebzabo s’est depuis retiré du collectif Wakit Tama. «Notre parti s’est retiré et n’appelle pas à manifester samedi», a déclaré jeudi à l’AFP Saleh Kebzabo.

(AFP)

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