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ZougLa justice exige une prise de position de Sika

Nouvel épisode dans le feuilleton de la reprise de Sika. Le Tribunal cantonal de Zoug exige du groupe de spécialités chimiques qu'il se prononce d'ici 10 jours sur la question de la reconnaissance des droits de vote de la holding familiale.

ARCHIVES, Keystone

Afin de pouvoir répondre à la requête de la holding familiale SWH visant à obtenir la convocation d'une assemblée générale extraordinaire, le Tribunal cantonal de Zoug exige du groupe de spécialités chimiques qu'il se prononce d'ici 10 jours sur la question de la reconnaissance des droits de vote de SWH.

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 11 février, la holding Schenker-Winkler (SWH) explique que sa démarche vise l'obtention d'une mesure provisionnelle contre la proposition du conseil d'administration de Sika de limiter sa part au capital à 5% et ses droits de vote à 2,6%. SWH, qui a cédé sa participation au groupe français Saint-Gobain, détient 16,1% du capital-actions, mais 52,4% des voix.

Avant de rendre son verdict, le Tribunal cantonal souhaite entendre les deux parties, dès lors que la convocation d'une assemblée générale n'est pas prévue dans les prochains jours, écrit la société regroupant les intérêts des héritiers de la famille fondatrice de Sika. SWH juge illégale la décision du conseil d'administration de Sika de limiter ses droits de vote.

Afin de garantir ses droits, SWH rappelle qu'elle envisage toutes les mesures nécessaires. Lundi, cette dernière a demandé à la Commission des offres publiques d'achat (COPA) l'ouverture d'une procédure visant à faire constater par cet organe que la vente de ses actions à Saint-Gobain n'est pas soumise à l'obligation de présenter une OPA à l'ensemble des actionnaires de Sika.

Proposition de rencontre

Lundi également, le patron de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar, s'est lui proposé de rencontrer les dirigeants du groupe zougois de spécialités chimiques. Dans la missive envoyée en réponse à la lettre ouverte de 106 cadres de Sika adressée mercredi passé à la direction de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar rappelle qu'un certain nombre d'«idées fausses» circulent sur le rachat de Sika.

Le directeur général du géant français des matériaux de construction souligne que l'opération ne représente pas une manoeuvre «hostile», contrairement au jugement de la direction et du conseil d'administration de Sika. «Les descendants de la famille fondatrice estiment que Saint-Gobain partage les mêmes valeurs fondamentales que Sika», écrit Pierre-André de Chalendar.

Le patron de Saint-Gobain a répété que l'accord de vente pour 2,75 milliards de francs des parts détenues par SWH est «irrévocable». «Je vous (...) invite à une table ronde et je propose que les échanges soient conduits à travers une délégation de chaque entreprise, et que je sois présent», écrit Pierre-André de Chalendar.

Il propose également de fixer un agenda détaillé pour ces discussions, dont la première séance se tiendrait en Suisse. Les signataires de la lettre ouverte avaient eux demandé à Saint-Gobain de reconsidérer ses plans de rachat.

Long feuilleton

Le feuilleton de la reprise de Sika par Saint-Gobain a déjà connu de nombreux épisodes depuis deux mois maintenant. La direction générale de Sika et une majorité du conseil d'administration s'opposent depuis début décembre à la transaction avec vigueur.

Pour rappel, Saint-Gobain a annoncé, début décembre, le rachat de la holding de contrôle de Sika. Depuis, la direction générale et une partie du conseil d'administration s'entêtent à s'opposer à la transaction. Le géant industriel français compte achever l'opération d'ici à la fin du premier semestre.

(ats)

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