France: La justice se prononcera sur la suspension de Le Pen le 2 juillet
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FranceLa justice se prononcera sur la suspension de Le Pen le 2 juillet

Saisi par l'ancien leader du Front national, le tribunal de grande instance de Nanterre a mis sa décision en délibéré au 2 juillet. Jean-Marie Le Pen saura alors si sa suspension du parti est effective.

Jean-Marie Le Pen à son arrivée au tribunal de Nanterre.

Jean-Marie Le Pen à son arrivée au tribunal de Nanterre.

Reuters

Jean-Marie Le Pen a contesté ce vendredi 12 juin devant le tribunal de grande instance de Nanterre sa suspension du Front national prononcée à son encontre début mai par le bureau exécutif du parti. La cour a mis sa décision en délibéré au 2 juillet.

Se disant victime d'une «infamie», le cofondateur du parti d'extrême-droite avait assigné le FN en justice début juin. Les sanctions prononcées par le bureau exécutif «ont été prises de manière illégale, anormale et excessive», a-t-il déclaré à la presse à l'issue de l'audience. «Il n'y a strictement aucune garantie de démocratie dans le fonctionnement interne du Front national».

Impassible à l'audience, le chef historique du parti pendant près de 40 ans demandait l'annulation de sa suspension en tant qu'adhérent, prononcée le 4 mai au cours d'un bureau exécutif, la plus haute instance du parti, décision «illégale, anormale et excessive», selon lui.

«Modernisation» des statuts

M. Le Pen conteste surtout la «privation de ses droits» en tant que président d'honneur qui en a découlé, estimant que ces fonctions dont il jouit depuis 2011 ne sont pas liées à sa qualité d'adhérent.

Marine Le Pen avait fait adopter la suspension de son père après de nouvelles déclarations provocatrices, comme la répétition de sa vision plusieurs fois condamnée par la justice des chambres à gaz, qu'il a qualifiées de «détail» de l'Histoire, ou sa défense du maréchal Pétain.

Un congrès extraordinaire du FN a été convoqué pour juillet afin de «moderniser les instances» mais surtout de «supprimer la présidence d'honneur». La question de la refonte des statuts devait être évoquée parallèlement lors d'une réunion du bureau politique du parti vendredi à Nanterre.

Procédures respectées

«Le respect de la procédure interne a été appliqué», a riposté l'avocat du FN, Frédéric-Pierre Vos. Il a rappelé que M. Le Pen avait refusé d'assister à la réunion du bureau exécutif qui l'a suspendu.

Ses propos polémiques constituent «une rupture aux torts exclusifs» de l'ancien président, a-t-il ajouté. L'avocat a demandé au tribunal de se déclarer incompétent sur cette affaire interne à la vie d'un parti ou à défaut d'inviter à une conciliation.

«Virage à gauche»

«Si dans un parti politique on n'a pas la possibilité de faire des déclarations à la presse ou des interviews, eh bien il n'y a plus de démocratie intérieure», a déclaré Jean-Marie Le Pen. «Le prétexte est de se débarrasser de Jean-Marie Le Pen et de ce qu'il représente, c'est-à-dire de la ligne politique des fondamentaux du Front tels qu'ils ont été défendus pendant plus de 40 ans.»

Etrillant «l'influence exceptionnelle» du vice-président du FN, Florian Philippot, il a dénoncé un «virage politique, à gauche semble-t-il» du parti.

«L'affaire personnelle entre ma fille et moi est secondaire, ce qui est essentiel c'est la tentative qui est menée actuellement de changement de ligne politique du Front national», a-t-il dit.

Marine Le Pen confiante

Un peu plus tôt dans la matinée, Marine Le Pen avait indiqué n'avoir aucune «crainte» concernant l'issue de la procédure judiciaire. «Les tribunaux vont constater que la procédure qui a été utilisée est parfaitement régulière», a-t-elle dit sur LCI et Radio Classique.

«Les droits de Jean-Marie Le Pen ont été totalement respectés même face à son mépris qui a consisté à refuser de venir s'expliquer devant le bureau exécutif», a-t-elle ajouté.

«Je ne crois pas que ce soit une journée décisive pour le Front National. Le Front national va très bien, le Front national est tout à fait en cohésion avec lui-même», a-t-elle ajouté.

(ats)

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