Actualisé 20.02.2019 à 07:00

La Juventus est au pied de son Everest

Football

Avec l’apport de Ronaldo, le club turinois compte bien enfin remporter la troisième Ligue des champions de son histoire.

par
André Boschetti
L'effet Ronaldo opérera-t-il ce mercredi soir face à l'Atlético Madrid, un adversaire qui convenait plutôt bien au Portugais lorsqu'il portait le maillot du Real.

L'effet Ronaldo opérera-t-il ce mercredi soir face à l'Atlético Madrid, un adversaire qui convenait plutôt bien au Portugais lorsqu'il portait le maillot du Real.

AFP

Vingt-trois ans. Une éternité dans le petit monde du football où tout change et évolue à une vitesse astronomique. Depuis ce soir de mai 1996 où la Juve de Marcello Lippi s’adjugeait, face à Ajax, sa deuxième Ligue des champions - après celle, de sinistre mémoire, remportée en 1985 au Heysel - le club turinois n’est plus parvenu à soulever le plus prestigieux des trophées pour clubs. Et cela bien qu’il ait disputé cinq finales depuis. Dont deux ces quatre dernières années.

Des échecs à répétition qui ne sont pas du goût des ambitieux et impatients dirigeants d’un club qui multiplie les trophées en Italie et dont le credo est «seule la victoire compte». C’est donc bel et bien avec l’objectif principal de briser au plus vite cette véritable malédiction que le président Andrea Agnelli a décidé, l’été dernier, d’investir quelque 260 millions d’euros (un montant record dans l’histoire du club) pour convaincre Cristiano Ronaldo (34 ans), authentique spécialiste de la compétition avec ses cinq victoires - dont les trois dernières édition avec le Real - de relever le défi.

Un mariage pour la bonne cause qui a commencé de la meilleure des façons. En tête du championnat avec 13 longueurs d’avance sur Naples, la Juve est bien partie pour remporter son huitième Scudetto consécutif. Ce qui signifie bien que la présence de CR7 n’est pas non plus indispensable pour gagner en Italie. Mais en Europe, oui.

L'adversaire le plus hostile possible

Après une première phase de Ligue des champions bien maîtrisée cet automne, la Juventus n’a pas eu de chance en héritant de l’Atlético Madrid, l’adversaire le plus hostile possible avec Liverpool, en huitièmes de finale. «Une finale avant la lettre», ont même hasardé les Madrilènes après le tirage. Récent finaliste malheureux lui aussi, le très pragmatique Atlético version Diego Simeone est une équipe difficile à bouger, très solide défensivement et habituée à ce genre de grands rendez-vous. Même si Griezmann et Cie ne traversent pas une bonne période de forme - ils sont désormais relégués à sept points de Barcelone -, ils restent des compétiteurs redoutables.

Pas de quoi perturber pour l’instant la sérénité des Turinois et de dirigeants qui cherchent avant tout à ne pas faire de cette Ligue des champions un objectif impératif cette saison déjà. «Il n’est écrit nulle part que la Juve doit absolument l’emporter le 1er juin, soufflait Pavel Nedved, le vice-président du club, en décembre au moment du tirage. Les candidats sérieux, dont nous faisons partie, sont nombreux et il faudra aussi un peu de chance pour la gagner.» Peut-être, mais la semaine dernière, l’ex-Ballon d’or admettait quand même qu’il n’aurait «l’esprit apaisé que le jour où la Juventus soulèverait enfin à nouveau ce trophée.»

Si la quête du Graal n’est pas une obsession à Turin, cela y ressemble beaucoup. Quant à l’effet Ronaldo, on pourra vérifier dès mercredi soir s’il opère contre un adversaire qui convenait plutôt bien au Portugais lorsqu’il jouait au Real. Là où soulever la Ligue des champions n’est ni une obsession ni une exception, mais tout simplement une magnifique habitude.

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