Espagne - La lave du Cumbre Vieja est dangereuse au contact de la mer
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EspagneLa lave du volcan est dangereuse au contact de la mer

La rencontre de la lave, une roche fondue à plus de 1000 degrés, et une eau de mer qui avoisine les 20-25 degrés a divers effets, explique un spécialiste concernant l’éruption d’un volcan espagnol.

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L'éruption du Cumbre Vieja, dans l'île espagnole de La Palma aux Canaries, a été déclarée officiellement terminée le 25 décembre. (Samedi 25 décembre 2021)

L'éruption du Cumbre Vieja, dans l'île espagnole de La Palma aux Canaries, a été déclarée officiellement terminée le 25 décembre. (Samedi 25 décembre 2021)

Reuters
Tous les vols prévus sur l’île espagnole de La Palma ont été annulés en raison des cendres émises par le volcan Cumbre Vieja. (Samedi 20 novembre 2021)

Tous les vols prévus sur l’île espagnole de La Palma ont été annulés en raison des cendres émises par le volcan Cumbre Vieja. (Samedi 20 novembre 2021)

Reuters
Les émanations de gaz provoquées par l’arrivée dans l’océan de la lave du volcan Cumbre Vieja, dans l’archipel espagnol des Canaries, représentent pour l’heure un risque «mineur» pour la population, selon un expert. (Mercredi 29 septembre 2021)

Les émanations de gaz provoquées par l’arrivée dans l’océan de la lave du volcan Cumbre Vieja, dans l’archipel espagnol des Canaries, représentent pour l’heure un risque «mineur» pour la population, selon un expert. (Mercredi 29 septembre 2021)

AFP

Le contact de la lave du volcan des Canaries, Cumbre Vieja, avec la mer, qui devrait intervenir bientôt, est dangereux à cause de sa production de gaz toxique et de particules nocives, explique un spécialiste des dégazages volcaniques.

Le gouvernement régional de l’archipel espagnol a demandé aux curieux de ne pas se rendre sur la zone. Il a décrété un «rayon d’exclusion de 2 milles marins» autour de l’endroit où est prévue l’arrivée des coulées, initialement attendue lundi.

«Vaporisation brutale»

La rencontre de la lave, une roche fondue à plus de 1000 degrés Celsius, et une eau de mer qui avoisine les 20-25 degrés Celsius a plusieurs effets, détaille Patrick Allard, directeur de recherche CNRS à l’Institut de Géophysique du Globe de Paris.

Le premier est «une vaporisation brutale de l’eau de mer, comme si on mettait de l’eau dans une poêle chaude». Jusque-là, rien de grave. Mais cette interaction peut aussi être explosive, quand la coulée piège des poches d’eau de mer, qui se retrouve alors mise sous pression, «comme dans une cocotte-minute», et fait éclater des morceaux de coulée, «qui produisent des échardes de magma».

Outre le danger de se trouver à proximité d’une telle explosion, il y a ensuite celui du transport par les airs de ces «brindilles de lave», qui sont comme du verre, et peuvent être toxiques pour les animaux d’un champ où elles se déposeraient.

Chargés en gaz toxiques

Un autre effet éventuellement toxique du nuage est la présence d’aérosols d’acide chlorhydrique. L’eau de mer est en effet riche en chlore, via le sel marin, autrement dit le chlorure de sodium. La vaporisation de l’eau, en la décomposant en oxygène et hydrogène, associe ce dernier au chlore. L’association hydrogène/chlore donne de l’acide. «Les nuages engendrés par l’interaction eau de mer et lave sont donc acides», poursuit Patrick Allard, des nuages «pas très sympathiques» et qui «peuvent être dangereux si on est trop près».

Dernier effet: les coulées entrant dans la mer ne sont pas stables. On peut assister à leur effondrement sous l’eau, qui engendre alors des vagues locales. Quant aux conséquences sur le milieu marin, elles sont, selon le scientifique, «très localisées».

Patrick Allard rappelle cependant que tout cela n’est qu’un «effet secondaire de l’éruption», sans rapport avec les dangers de cette dernière. «Le plus gros de la partie toxique de l’éruption est lié aux gaz magmatiques, qui sont à haute température et chargés en acides chlorhydrique et fluorhydrique et en dioxyde de soufre», souligne-t-il.

(AFP)

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