Etats-Unis: La légende de la boxe Mohamed Ali est mort

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Etats-UnisLa légende de la boxe Mohamed Ali est mort

Admis à l'hôpital jeudi, celui qu'on surnommait «The Greatest» a vu son état se dégrader rapidement. Il a perdu son dernier et plus long combat, celui qu'il livrait contre la maladie de Parkinson.

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La mégastar de la NBA LeBron James va faire un don de 2,5 millions de dollars pour financer une exposition dans un musée de Washington retraçant la vie de la légende de la boxe Mohamed Ali, décédé en juin. (Jeudi 17 novembre 2016)

La mégastar de la NBA LeBron James va faire un don de 2,5 millions de dollars pour financer une exposition dans un musée de Washington retraçant la vie de la légende de la boxe Mohamed Ali, décédé en juin. (Jeudi 17 novembre 2016)

Reuters
Louisville devrait reprendre sa vie normale, dès samedi. Mais l'esprit du boxeur sera toujours là. (10 juin 2016)

Louisville devrait reprendre sa vie normale, dès samedi. Mais l'esprit du boxeur sera toujours là. (10 juin 2016)

Louisville devrait reprendre sa vie normale, dès samedi. Mais l'esprit du boxeur sera toujours là. (10 juin 2016)

Louisville devrait reprendre sa vie normale, dès samedi. Mais l'esprit du boxeur sera toujours là. (10 juin 2016)

AFP

La légende de la boxe, Mohamed Ali, a perdu vendredi à 74 ans son dernier et plus long combat, celui contre la maladie de Parkinson, a annoncé sa famille dans un communiqué. «Après un combat de 32 ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l'âge de 74 ans.

Le triple champion du monde des lourds est mort dans la soirée», a indiqué son porte-parole, Bob Gunnell. Ses obsèques auront lieu dans sa ville natale de Louisville, dans le Kentucky, a ajouté le porte-parole du boxeur le plus célèbre de la planète, sans préciser de date. «La famille Ali voudrait remercier tous ceux qui l'ont accompagné par leurs pensées, prières et soutien et elle demande le respect de son intimité», selon le texte.

A l'hôpital depuis jeudi

Mohamed Ali était hospitalisé depuis jeudi dans une clinique de Phoenix, ville de l'Arizona où il s'était établi avec sa quatrième épouse Lonnie, pour soigner un problème respiratoire. Son porte-parole avait alors annoncé qu'il «se trouvait dans un bon état de santé» et que «son séjour devrait être de courte durée».

Mais dans la journée de vendredi, plusieurs médias américains avaient fait état d'une nette détérioration de son état de santé qui avait incité les membres de sa famille à converger vers Phoenix pour se rassembler à son chevet. Une source proche de la famille avait indiqué vendredi dans la soirée que l'ancien boxeur «était dans un état très grave».

Ali souffrait depuis une trentaine d'années de la maladie de Parkinson et avait déjà été hospitalisé à deux reprises fin 2014 et début 2015 pour une pneumonie et une infection urinaire.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Mike Tyson, ancien champion du monde des lourds a indiqué sur son compte Twitter: «Dieu est venu chercher son champion, adieu au plus grand @MuhammadAli TheGreatest RIP».

George Foreman, ancien champion du monde des lourds, battu par Ali dans l'un des combats les plus célèbres de l'histoire «The Rumble in the Jungle» a écrit lui: «Ali, Frazier et Foreman, nous ne faisions qu'un. Une partie de moi s'en est allée, la plus grande partie».

Manny Pacquiao, légende philippine de la boxe et jeune retraité a noté de son côté «Nous avons perdu un géant, la boxe a beaucoup profité des talents de Mohamed Ali, mais pas autant que les hommes de son humanité».

Donald Trump, candidat républicain à la Maison blanche a lui aussi tweeté: «Mohamed Ali est mort à 74 ans! Un véritable grand champion et un homme merveilleux, il va nous manquer»

Début en 1964

Né sous le nom de Cassius Clay, champion olympique à Rome en 1960, il avait débuté sa carrière professionnelle la même année, devenant champion du monde WBA en 1964 en battant Sonny Liston par KO au 7e round. Il avait changé son nom en Mohamed Ali après s'être converti à l'islam en 1964.

Une vidéo retraçant ses meilleurs coups:

Maître mondial incontesté de la catégorie reine des lourds, celui qu'on surnommait «The Greatest» (Le plus grand) avait choqué les Etats-Unis en 1967 en refusant de faire son service militaire et de partir faire la guerre du Vietnam, en raison de ses convictions religieuses.

Déchu de ses titres

Il avait été emprisonné, déchu de ses titres et interdit de boxer pendant trois ans et demi, avant de redevenir champion du monde en 1974, réunifiant les titres WBA et WBC lors de sa victoire par KO (8e round) sur George Foreman lors du «combat dans la jungle» à Kinshasa au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo).

Il avait perdu son titre aux points face à Leon Spinks le 15 février 1978 et l'avait récupéré en prenant sa revanche le 15 septembre de la même année. Il avait terminé sa carrière professionnelle sur une défaite aux points face à Trevor Berbick, le 11 décembre 1981 au Queen Elizabeth Sports Centre de Nassau. Il a raccroché ses gants avec un palmarès de 56 victoires dont 37 avant la limite, et cinq défaites.

Il était apparu, malade et affaibli, lors de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques 1996 d'Atlanta où, tremblant, il avait embrasé la vasque olympique. En 2005, il avait reçu le médaille présidentielle de la liberté, la plus haute décoration civile aux Etats-Unis.

Ses apparitions en public étaient de plus en plus rares, la dernière remontait à avril dernier à Phoenix lors d'un diner de charité pour lever des fonds pour la recherche contre la maladie de Parkinson.

Ses citations les plus marquantes

- «Je suis le plus grand» («I am the greatest»)

- «Vole comme le papillon, pique comme l'abeille, et vas-y cogne mon gars, cogne.» -- C'est en fait une citation de Drew Bundini Brown, l'un de ses entraîneurs et hommes de coin.

«Je n'ai pas de problème avec les Vietcongs.» -- 17 février 1966

«Dans le ring, il y a un arbitre pour arrêter le combat si un combattant risque d'être trop blessé. La boxe n'a rien à voir avec la guerre et ses mitrailleuses, ses bazookas, ses grenades et ses bombardiers.» -- Lors d'une manifestation contre la guerre du Viet Nam à Chicago (1967)

«Ils ont fait ce qu'ils pensaient juste, et j'ai fait ce que je pensais juste.» -- A propos de la volonté du gouvernement américain de le mettre en prison.

«Vous n'êtes pas aussi bête que vous en avez l'air, j'ai vu votre femme.» -- Au président des Philippines Ferdinand Marcos avant le «Thrilla in Manila», son troisième et dernier combat contre Joe Frazier.

«Vous croyez que le monde a été choqué par la démission de Nixon? Attendez que je botte le cul de George Foreman. Je vole comme le papillon, pique comme l'abeille, ses poings ne peuvent pas toucher ce que ses yeux ne voient pas. Là, tu me vois, là tu me vois pas. George croit qu'il peut, mais je sais qu'il ne peut pas. Je me suis déjà battu contre un alligator, j'ai déjà lutté avec une baleine. La semaine dernière, j'ai tué un rocher, blessé une pierre, et envoyé une brique à l'hôpital. Je suis tellement méchant, je rends la médecine malade.» -- avant de reprendre son titre grâce à une victoire sur Foreman le 30 octobre 1974.

«Il (Dieu) m'a donné la maladie de Parkinson pour me montrer que je n'étais qu'un homme comme les autres, que j'avais des faiblesses, comme tout le monde. C'est tout ce que je suis: un homme.» -- au cours d'une interview en 1987.

(si)

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