Actualisé 16.11.2018 à 10:41

FranceLa libération de Ramadan? «C'est de l'inconscience totale»

Les victimes présumées de l’islamologue genevois disent craindre pour leur sécurité et affirment avoir été menacées.

von
Renaud Michiels

Tariq Ramadan a obtenu jeudi soir une libération conditionnelle. Il devra verser une caution de quelque 340 000 francs.

Jeudi soir, après 10 mois derrière les barreaux, Tariq Ramadan a obtenu une libération conditionnelle. L’islamologue genevois sortira bientôt de prison mais devra rester sur le territoire français. Une décision qui inquiète ses accusatrices. Deux d’entre elles ont dit leur crainte ce vendredi matin dans les médias français.

La décision de libérer Tariq Ramadan est taxée «d’inconscience totale» par celle qu’on surnomme Christelle. «Ce n’est pas sa libération qui me fait peur, dans le sens où monsieur Ramadan ne fait jamais les choses lui-même lorsqu’il s’agit de menace et de harcèlement. Il envoie toujours des gens le faire faire pour lui», affirme-t-elle sur Europe 1. «Ce sont ces gens dévoués, corps et âme, aveuglés, qui sont dangereux!» plaide-t-elle. Avant de lâcher: «Je pense que maintenant, ils vont essayer d’atteindre mon intégrité physique.»

«On me dit que je vais le payer»

Autre victime présumée Henda Ayari s’est exprimée sur RTL. «J’ai été harcelée, j’ai reçu des appels anonymes, ça a duré toute la nuit. On m’insulte, on me traite de menteuse, on me dit que je vais le payer, on me menace… Je suis plus choquée par ce regain de violence à mon encontre que par sa libération, en fait», a-t-elle témoigné. Indiquant encore avoir «peur de la suite».

Mounia, une troisième femme prétendant avoir été violée par le théologien genevois, a par contre tenu des propos très différents sur BFMTV. Racontant que ce qui l’importait était d’être confrontée à Tariq Ramadan. «Je pense qu’il a autant le droit que d’autres de se défendre correctement. Jusqu’à maintenant on lui a interdit la parole, on lui a interdit de se défendre et c’est ce que je regrette. J’aurais aimé l’entendre, et j’espère pouvoir être confrontée à lui et pouvoir enfin trouver un dénouement à tout ça. Mes questions restent sans réponses», a-t-elle réagi.

On ne sait pour l’instant pas quand Tariq Ramadan sortira de la prison de Fresnes, près de Paris. L’islamologue suisse de 56 ans doit d’abord verser une caution de 300 000 euros, soit plus de 340 000 francs.

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