Actualisé 22.01.2012 à 23:50

DéclarationLa Ligue arabe préconise un «départ du régime» syrien

Dans un communiqué final, la Ligue arabe a annoncé dimanche qu'elle prolongerait sa mission d'observateur en Syrie. Ses dernières conclusions exhorte le régime syrien au départ.

Une partie de la Ligue arabe, avec au centre, le premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al Thani.

Une partie de la Ligue arabe, avec au centre, le premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al Thani.

AFP

Les chefs de diplomatie arabes ont demandé dimanche l’appui de l’ONU à leurs décisions pour régler la crise en Syrie. Ils ont donné le feu vert à la poursuite de la mission controversée des observateurs dans ce pays. Le nouveau plan arabe préconise «un départ du régime».

«Nous allons informer l’ONU de l’ensemble des résolutions de la Ligue arabe (...) en vue de son approbation», a déclaré le premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, lors d’une conférence de presse au Caire. Il prenait la parole après une réunion ministérielle plénière arabe d’environ cinq heures.

Le secrétaire général de la ligue arabe, Nabil al-Arabi, présent à la conférence de presse, a expliqué que la demande d’appui de l’ONU visait à «donner plus de poids» à leur initiative de sortie de crise en Syrie.

Une décision a été également prise de prolonger la mission des observateurs malgré les vives critiques contre son incapacité à faire cesser l’effusion de sang en Syrie, et d’augmenter le nombre des observateurs, selon un communiqué final lu par cheikh Hamad.

Comparaison avec le Yémen

Le communiqué appelle en outre le président syrien Bachar al- Assad à déléguer «des prérogatives au vice-président pour traiter avec un gouvernement d’union nationale» appelé à être «formé dans les deux mois».

Dans ce contexte, les ministres arabes ont appelé le «gouvernement syrien et tous les courants de l’oppositon à engager un dialogue sérieux sous l’égide de la Ligue arabe dans un délai ne dépassant pas les deux semaines pour pouvoir réaliser l’objectif de former un gouvernement d’union regroupant le pouvoir et l’opposition».

A terme, «la nouvelle initiative arabe adoptée par les ministres des Affaires étrangères vise à un départ du régime syrien de manière pacifique», a dit cheikh Hamad, en exprimant l’espoir que le gouvernement syrien l’accepte. Elle «ressemble à celle du Yémen», qui a permis d’aboutir à un accord sur un départ du président Ali Abdallah Saleh, a-t-il ajouté.

Les ministres ont par ailleurs chargé le secrétaire général de l’organisation de nommer un «émissaire spécial» en Syrie chargé de suivre les développements dans ce pays.

La surprise saoudite

Auparavant, l’Arabie saoudite avait créé la surprise en annonçant son retrait de la mission controversée des observateurs arabes en Syrie. Ryad a fait connaître ses intentions lors de la réunion de la Ligue arabe.

L’Arabie saoudite «retire ses observateurs de la mission (de la Ligue arabe) car le gouvernement syrien n’a respecté aucune des clauses» du plan arabe prévoyant la fin des violences, a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal lors de la réunion plénière ministérielle de l’organisation au Caire.

Ce retrait saoudien témoigne des divergences au sein de la Ligue arabe sur l’opportunité de poursuivre cette mission. Déployée depuis le 26 décembre, elle fait l’objet de vives critiques de la part notamment de l’opposition syrienne qui l’accuse d’inefficacité et voudrait voir le dossier syrien transféré à l’ONU.

Confusion sur le terrain

Sur le terrain, des soldats déserteurs ont brièvement pris samedi soir la ville de Douma, à seulement 20 km au nord-est de la capitale syrienne, après de violents combats avec les forces de sécurité, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Et dimanche, «des affrontements ont eu lieu entre ces forces et des groupes de déserteurs», a ajouté l’OSDH qui parle d’une éventuelle «tentative des forces de sécurité de prendre d’assaut Douma». Mais aucune information de source indépendante n’était disponible sur ces combats, la presse étrangère ayant interdiction de circuler librement dans le pays.

Signe que la contestation se rapproche de la capitale, des combats se sont déroulés aussi entre l’armée régulière et des groupes de déserteurs à Talfita dans la province de Damas, toujours selon l’OSDH.

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