Football – La Lituanie veut sa semaine de rêve
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FootballLa Lituanie veut sa semaine de rêve

Après son succès de samedi contre la Bulgarie (3-1), la Rinktine se verrait bien enchaîner. Elle peut miser sur son terrain synthétique piégeux.

par
Valentin Schnorhk
(Vilnius)
Le sélectionneur lituanien Valdas Ivanauskas était ravi de la manière avec laquelle son équipe a battu la Bulgarie samedi.

Le sélectionneur lituanien Valdas Ivanauskas était ravi de la manière avec laquelle son équipe a battu la Bulgarie samedi.

REUTERS

Dans le football européen des nations, il n’y a pas tant de manières de tendre un piège. À force, tout le monde se connaît, et les forces sont assez inéquitablement réparties pour ne pas déroger à la logique. Mais il y a un moyen de surprendre, de faire sortir les gros de leur confort habituel: le terrain synthétique. La Lituanie en fait un atout de choix, en attendant d’avoir un stade national digne de ce nom.

Le projet court depuis près de quarante ans, mais a été interrompu et repris à plusieurs reprises, sur fond de chute de l’URSS, allégations de corruption et décisions de la Cour suprême lituanienne. Il serait désormais envisagé pour 2023. D’ici là, la petite pelouse du LFF Stadium est de nature à prendre à défaut n’importe quel adversaire qui n’y serait pas rompu.

«Je suis désolé pour la qualité des infrastructures», s’est même excusé plusieurs fois le sélectionneur Valdas Ivanauskas en conférence de presse mardi. D’autant plus qu’à l’ère des pelouses hybrides ou des synthétiques «de nouvelle génération», celle de Vilnius ne tient pas la comparaison. Il est raisonnable de la considérer comme usée, pour ne pas dire dépassée. Bref, le genre de terrain sur lequel les habitués de la Premier League, la Bundesliga ou quelconque grand championnat européen ne veulent pas se fatiguer. Vu leurs soucis musculaires, on peut comprendre qu’il ait été jugé plus prudent que Manuel Akanji et Kevin Mbabu ne fassent pas le déplacement lituanien.

Victorieuse contre la Bulgarie

Ils seront bien remplacés, aucun doute. Mais si la Lituanie veut trouver des signes d’espoir là-dedans, elle ne s’en privera pas. «Je ne pense toutefois pas que cela constitue un réel avantage, a considéré le sélectionneur lituanien. D’autant plus que, en Suisse, le champion national Young Boys joue sur une telle surface.»

Reste que la Rinktine («équipe nationale», en langue originale) peut s’imaginer vivre une semaine de rêve. Samedi, sur ce même terrain artificiel, elle s’est payé la Bulgarie devant 2500 personnes. Une victoire 3-1, avec un doublé de Fedor Cernych (le leader offensif, ancien du Dinamo Moscou et désormais dans le club polonais de Jagiellonia) et un but de Justas Lasickas (qui évolue en Serbie, à Vozdovac).

Le petit stade de Vilnius et son synthétique ancienne génération.

Le petit stade de Vilnius et son synthétique ancienne génération.

DR

«Ce n’est pas le résultat en soi qui m’a satisfait, mais la manière dont nous y sommes parvenus, a ajouté Valdas Ivanauskas. Même si la Suisse sera favorite et vise le Qatar, je suis vraiment content de notre niveau de jeu.» De quoi nourrir l’espoir de ne pas terminer dernier de la poule de qualifications: la Lituanie compte désormais deux points de retard sur les Bulgares, avec encore la Suisse et l’Irlande du Nord à affronter. Cela relève bien sûr de l’improbable.

Samedi, la Lituanie n’a remporté que son premier match de l’année 2021, après une série de neuf défaites, dont celle de Saint-Gall (1-0) lors du match aller en mars dernier. Ce qui permet de rappeler son 134e rang au classement FIFA, et son statut de maillon faible de ce groupe de qualifications. Mais voilà, il s’agira d’apprivoiser correctement ce terrain artificiel piégeux.

Le souvenir de 2015

Ils sont plusieurs internationaux helvétiques à le savoir: pour la dernière visite de l’équipe nationale en juin 2015, la sélection de Vladimir Petkovic avait été menée 1-0, avant de s’imposer 2-1, en fin de match. Josip Drmic et Xherdan Shaqiri (servi par un certain Breel Embolo, qui n’en était qu’à sa 3e cape) avaient trouvé la solution. Yann Sommer, Fabian Schär, Ricardo Rodriguez étaient sur la pelouse, Fabian Frei et Silvan Widmer sur le banc. Ils ont pris de l’âge depuis. Mais le synthétique aussi.

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