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CambriolageLa lumière n'arrête plus les voleurs

L'astuce à la minuterie simulant une présence par la lumière ne suffit plus à décourager les cambrioleurs. Topo des préjugés dont il vaut mieux se débarrasser.

par
Anne-Florence Pasquier
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 Au jeu du plus malin, les voleurs ne sont pas dupes. 18 h 15, un jeudi soir du mois de novembre. L'émission de radio résonne dans la cuisine, les lampes s'allument, puis s'éteignent par endroits dans la maison. Le stratagème des locataires absents pour simuler leur présence n'empêche pas les malfrats d'écouter à la porte, de sonner et d'entrer par effraction si personne ne répond.

Alors que les polices cantonales ont lancé leur campagne d'affichette au début du mois contre les cambriolages du crépuscule, la simple minuterie conseillée ne suffit plus. «Ce n'est pas une sécurité à 100%, explique Chantal Billaud, de la Prévention suisse contre la criminalité. Ils vont observer une certaine régularité de luminosité et prendre l'habitude de ce système.» Une tendance que confirme Dominique Glur, porte-parole de la police cantonale vaudoise qui nuance: «Tout dépend de la configuration des maisons sujettes aux cambriolages. Par exemple pour une villa isolée, entourée de haies de thuyas, devant laquelle se trouve une boîte aux lettres pleine et sans aucune voiture devant le garage, ce sont des signes qu'il n'y a personne et bien entendu des avantages pour les voleurs d'opérer en toute discrétion. La minuterie est une mesure qui, à elle seule, ne sera peut-être pas suffisante.»

De l'argent mieux que les bijoux

Surtout la minuterie ne sert à rien sans le b.a.-ba: fermer sa porte et ses fenêtres, même lorsqu'on est chez soi. «C'est un ensemble de comportements à adopter. On voit beaucoup de cambriolages où les malfrats sont simplement entrés par la fenêtre», explique Frédéric Marchon, adjoint à la communication et prévention de la police cantonale fribourgeoise. Et d'ajouter: «L'important est de retarder l'action des voleurs et de leur compliquer la tâche. Les obstacles qui les poussent à faire du bruit ou s'ils doivent prendre entre 3 à 5 minutes pour entrer dans une maison, ils abandonneront et iront ailleurs.»

Les cambrioleurs recherchent la facilité et l'opportunité. Tant et si bien qu'ils ne se fatiguent plus à mettre sens dessus dessous les habitations. Mais s'intéressent avant tout au cash qui peut par exemple traîner dans le hall d'entrée. «L'argent c'est toujours intéressant car c'est une valeur immédiate alors que les bijoux ou les ordinateurs, ils ne pourront les revendre qu'à prix cassé et avec une certaine prise de risque», précise le porte-parole vaudois Dominique Glur. Bon nombre de fausses idées préconçues sur les cambrioleurs n'aident pas à se protéger correctement. La police bernoise rappelle six préjugés comme de croire qu'ils agissent uniquement de nuit. Alors qu'ils opèrent même de jour, durant les horaires de bureau, quand les habitants sont absents. Toutefois, le crépuscule de l'automne reste le moment le plus propice.

DES IDÉES PRÉCONÇUES SUR LES CAMBRIOLEURS

VÊTUS D'HABITS SOMBRES Faux. Certains portent des habits clairs et colorés. Les vols par effraction sont aussi commis par des femmes.

ILS VISENT LES VILLAS Faux. Une majorité de vols est commise dans les locatifs et à tous les étages.

ILS SONT AGRESSIFS Habituellement faux. Ils n'usent pas de violence pour entrer. Bon nombre sont discrets et rapides.

ILS N'ENTRENT PAS CHEZ MOI Faux. Personne n'est à l'abri, ils emportent tout ce qui leur plaît.

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