La lutte contre la variole du singe menacée par l’homophobie
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VirusLa lutte contre la variole du singe menacée par l’homophobie

Gays et bisexuels représentant une grosse proportion de la centaine de cas récemment découvert dans le monde, Onusida met en garde contre les dérapages et amalgames.

par
Michel Pralong
Si les homosexuels et bisexuels sont pour l’instant particulièrement touchés, la variole du singe (monkeypox en anglais) peut contaminer n’importe qui.

Si les homosexuels et bisexuels sont pour l’instant particulièrement touchés, la variole du singe (monkeypox en anglais) peut contaminer n’importe qui.

Getty Images/iStockphoto

L’Onusida, le programme de l’ONU contre le sida, a averti dimanche que les dérapages homophobes et racistes parfois constatés dans les commentaires sur la variole du singe pourraient «rapidement miner la lutte contre l’épidémie».

Une proportion importante de la centaine de cas de variole du singe confirmés par l’OMS ou des autorités sanitaires nationales, concerne des personnes gays ou bisexuelles, note l’Onusida, tout en précisant que la maladie s’attrape en ayant un contact étroit avec une personne ayant la maladie et «peut donc toucher tout le monde».

«Ces stigmates et reproches minent la confiance et la capacité à répondre efficacement à des épidémies comme celle-ci», a déclaré Matthew Kavanagh, directeur adjoint de l’Onusida. L’agence onusienne, qui se base sur une longue expérience avec le sida, estime que ce type de rhétorique peut très vite neutraliser les efforts basés sur la science et les faits pour combattre la maladie.

Un cycle de peur

Ces attaques racistes ou homophobes «créent un cycle de peur, qui pousse les gens à éviter les centres de soins, ce qui limite la portée des efforts pour identifier des cas d’infection et encourage des mesures coercitives inefficaces», souligne le responsable.

La variole du singe, cousine moins dangereuse de la variole, éradiquée depuis une quarantaine d’années, se traduit d’abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes, notamment sur le visage. Il n’existe pas de traitement mais cette infection virale se guérit d’elle-même.

Au moins une dizaine de pays européens, dont la Suisse qui a recensé un cas, ainsi que l’Australie, le Canada et les États-Unis, des pays où sa présence est inhabituelle, ont fait état de cas de variole du singe. Elle est présente en temps normal, considérée comme endémique, dans 11 pays d’Afrique.

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