Election présidentielle 2020: La Maison Blanche a voulu taire les risques d’ingérence russe

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Election présidentielle 2020La Maison Blanche a voulu taire les risques d’ingérence russe

Selon la plainte d’un lanceur d’alerte, le ministre de la Sécurité intérieure de Donald Trump aurait demandé au renseignement US de ne plus faire remonter les rapports sur les interférences de Moscou.

Une plainte a été déposée auprès de l’inspecteur général du ministère de la Sécurité intérieure

Une plainte a été déposée auprès de l’inspecteur général du ministère de la Sécurité intérieure

AFP

Un responsable des renseignements américains accuse la Maison Blanche de lui avoir ordonné de cesser de faire remonter des informations sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle et de se concentrer sur l’Iran et la Chine à la place, dans une plainte dévoilée mercredi.

Chine et Iran à la place

Cette plainte, initiée par ce responsable nommé Brian Murphy, a été rédigée dans le cadre d’une procédure de «lanceur d’alerte», un format qui permet à un fonctionnaire normalement soumis à la confidentialité de faire connaître des agissements manifestement illégaux.

«Mi-mai 2020, M. Wolf (ministre de la Sécurité intérieure de Donald Trump, NDLR) a demandé à M. Murphy d’arrêter de faire remonter des rapports du renseignement sur la menace d’une interférence russe aux Etats-Unis, et à la place d’informer sur les interférences de la Chine et de l’Iran», a déclaré le lanceur d’alerte dans une plainte déposée en son nom par l’inspecteur général du ministère de la Sécurité intérieure.

«M. Wolf a déclaré que ces instructions venaient directement du conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien», ajoute le document.

Document officiel modifié

Selon les agences du renseignement américain, la Russie a interféré dans l’élection américaine de 2016, au profit du républicain Donald Trump, dont l’équipe de campagne a été accusée de collusion avec Moscou.

Au terme d’une longue enquête qui a empoisonné la première moitié du mandat du milliardaire new-yorkais, le procureur spécial Robert Mueller avait expliqué ne pas avoir trouvé de «preuves suffisantes» d’une entente entre la Russie et l’entourage du candidat Trump, mais avait décrit une série de pressions troublantes exercées sur son enquête.

Selon la plainte présentée mercredi, il avait été également demandé à M. Murphy de modifier un document officiel du renseignement américain sur les suprémacistes blancs «pour atténuer la dangerosité de cette menace et pour inclure des informations sur l’importance de groupes violents d’extrême gauche».

(AFPE/NXP)

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