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FOOTBALLLa Maison blanche n'a besoin de personne pour prendre feu

La «dream team» de Carlo Ancelotti entame la défense de sa Ligue des champions ce soir devant Bâle. Et l'ambiance est tendue…

par
Simon Meier
Madrid
Carlo Ancelotti a souvent levé le sourcil en forme d'accent circonflexe lundi en conférence de presse.

Carlo Ancelotti a souvent levé le sourcil en forme d'accent circonflexe lundi en conférence de presse.

Keystone

Quand Carlo Ancelotti lève le sourcil gauche en forme d'accent circonflexe, comme hier durant le bon quart d'heure qu'a duré sa conférence de presse, cela ne veut rien dire; car «Carletto» a toujours le sourcil levé, comme s'il incarnait à lui tout seul la perplexité et la tension qui, sans répit, tenaillent un entraîneur.

Il se trouve de surcroît que l'Italien exerce sur le banc du Real Madrid, une adresse plutôt bouillante. D'ailleurs ça chauffe à Santiago-Bernabéu, où le FC Bâle entame ce soir sa campagne de Ligue des champions.

L'agitation ambiante n'a pas grand-chose à voir avec la visite des Rhénans. Non, la «Maison blanche» n'a besoin de personne pour prendre feu – ici, il y a un bidon d'essence et une boîte d'allumettes à tous les coins de rue. Et, moins de quatre mois après la conquête d'une dixième «Champions» tant attendue, voilà que l'allégresse a déjà cédé place aux inquiétudes.

A 6 points du Barça

Malgré – ou à cause de – ses spectaculaires emplettes estivales (James Rodriguez, Toni Kroos et Javier «Chicharito» Hernandez), le club madrilène a foiré son début de saison puisqu'il figure déjà 6 points derrière l'«ennemi» barcelonais après 3 matches de Liga.

A la défaite concédée sur le terrain de la Real Sociedad (4-2) en a succédé une autre, plus dommageable encore, samedi soir à domicile lors du derby face à l'Atlético (1-2).

Donc ça brûle. Corollaire qui ne constitue pas forcément une excellente nouvelle pour le FCB: les «merengue», sous le feu des critiques, n'ont déjà plus le droit à l'erreur. Selon la radio Cadena COPE, le président Florentino Perez, dont les socios ont demandé la démission parce que cela se fait, aurait fixé un ultimatum à son coach: «S'il y a une défaite au cours des six prochains matches, le poste d'Ancelotti sera en danger. S'il y en a deux, il sera remplacé immédiatement.» Et un sourcil gauche de se lever.

«Je suis préoccupé parce qu'il est clair que notre début de saison n'est pas bon, a admis l'Emilien. Mais, par chance, ce n'est que le début. Nous avons eu le même problème l'an dernier. Tout le monde sait que cette équipe est l'une des meilleures d'Europe, et je ne l'échangerais contre aucune autre. Nous allons régler ça tranquillement.»

Mot d'ordre: gagner

Ce sont les mots d'un sapeur-pompier qui en a vu d'autres. Mais du calme, il n'y en aura – un peu – que si le Real perpétue la tradition selon laquelle les clubs suisses quittent battus, voire abattus, le stade Santiago-Bernabéu.

«Je pense que nous avons les joueurs qu'il faut pour nous en sortir, a osé, plein de bon sens, James Rodriguez. Nous devons juste retrouver le chemin de la victoire et, demain (ndlr: ce soir), ce sera une bonne occasion de le faire.»

«Ganar» – gagner. Le Colombien a placé le verbe une dizaine de fois en 2 minutes 47 (estimation) de temps de parole, hier au centre d'entraînement de Valdebebas. L'une des questions porta sur la somme de son transfert, estimé à 80 millions d'euros et, surtout, sur la pression vraisemblable que ce montant faramineux exerce sur la star. «Non, je ne pense pas à ça, a assuré le meilleur buteur du dernier Mondial. Je veux seulement jouer au football.»

Cela tombe bien, les socios exigeants ne demandent que ça; avec des victoires en prime. Sinon, un sourcil gauche aura du mouron à se faire.

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