Football: La malédiction du latéral droit
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FootballLa malédiction du latéral droit

Habituellement bien pourvue sur ce flanc de la défense, la Suisse doit un peu bricoler lors de ce rassemblement international. Tant mieux pour Edimilson Fernandes.

par
Robin Carrel, Lucerne
Les cinq absents. 

Les cinq absents.

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L'avenir au poste de latéral droit en équipe de Suisse, après la retraite de Stephan Lichtsteiner, a deux noms: Kevin Mbabu et Jordan Lotomba. Le premier n'a pas encore joué de la saison, après avoir subi une blessure ligamentaire à un genou. Le deuxième avait un boulevard sur ce flanc pour faire ses preuves lors de ce rassemblement international, mais il a été rattrapé par le coronavirus, comme un nombre impressionnant de ses coéquipiers de l'OGC Nice. C'est ballot.

Attendu titulaire sur les matches qui comptent de cette semaine, Silvan Widmer a dû quitter le rassemblement, après avoir pourtant joué les 45 dernières minutes en Belgique alors qu’il a été contrôlé positif au Covid-19 quelques heures avant la partie contre l’Espagne. L’Argovien est à un moment charnière de sa carrière et aurait sans doute adoré pouvoir enchaîner. Il n’a pas quitté le FC Bâle cet été, alors qu’il aurait sans doute voulu capitaliser sur son excellente saison, notamment européenne. A 27 ans, il est peut-être déjà trop tard pour lui pour s’imposer avec la «Nati».

Lang a perdu beaucoup de terrain

Derrière eux, Michael Lang a longtemps joué les doublures de Lichtsteiner, l'inamovible capitaine d'alors. Sauf que le St-Gallois de 29 ans et ses 31 sélections – tout de même – se sont un peu perdu en route, quand ils ont quitté le FC Bâle pour l'Allemagne. Cette saison, il n'a joué que 8 minutes en Champions League et une mi-temps en Coupe, lors de larges victoires des «Poulains» 6-0 contre Donetsk et 8-0 face à Oberneuland. Il ne compte que 28 matches de Bundesliga en presque deux ans et demi et son rappel de dimanche soir est sans doute une de ses dernières chances en rouge et blanc.

Samedi, comme quelques jours plus tôt en Belgique (2-1) pendant une mi-temps, c'est Edimilson Fernandes qui a dû se coltiner le rôle de sixième roue du carrosse, avec plus ou moins de réussite. Le Valaisan de 24 ans a dépanné comme il a pu, faisant le travail défensif de son mieux, en étant souvent replacé par ses coéquipiers, dont son capitaine Granit Xhaka, qui a même fait l'effort de crier en français à travers le Parc St-Jacques.

Gros travail défensif

Le joueur de Mayence, lanterne rouge en Allemagne, a finalement fait un gros travail défensif (3 dégagements, 4 interceptions, 4 tacles), mais son impact offensif en a forcément pâti (0 centre, 0 dribble réussi, 15 ballons perdus), au cours d'une rencontre où la Suisse n'a eu le ballon que 29% du temps. On peut toujours ergoter sur le fait que, dans un 3-5-2, il ne s'agit pas vraiment d'un poste de défenseur latéral, mais face à des formations comme la Belgique ou l'Espagne, il y ressemble fortement...

L'ancien de West Ham, longtemps resté sur la touche en raison de contrôles positifs au Covid à répétition, n'est pas dans les meilleurs dispositions dans un club qui venait d'arracher son premier point de la saison à Schalke (2-2), lors de la première titularisation du Suisse cette saison, le 7 novembre dernier. Mais samedi, il a fait le travail ingrat qui lui était demandé sans rechigner, allant même jusqu'à effectuer un retour décisif devant Reguilon peu après l'heure de jeu.

«Si je peux apporter à l'équipe…»

Edimilson Fernandes, latéral de fortune.

«C'est clair que je préfère jouer dans le coeur du jeu, mais si on me dit d'aller à droite ou à gauche, je l'accepte volontiers et j'arrive à m'adapter au jeu, disait-il la semaine dernière, après la défaite des Helvètes à Louvain, où il avait été replacé dans l’axe à la pause. Personnellement, je trouve que ma polyvalence est plutôt un atout et j'aime bien jouer du côté droit aussi. Si je peux apporter à l'équipe…»

Il le pourra sans doute mardi face à l'Ukraine, s'il enchaîne un troisième match en sept jours lors d'une rencontre décisive où la Suisse aura bien davantage la maîtrise du jeu. Sa patte droite, précise par intermittence face à la «Roja» notamment dans le jeu long, y serait précieuse. Il n’a pas une concurrence féroce non plus. A part Renato Steffen, qui peut aussi dépanner dans cette zone, il faudrait que Vladimir Petkovic mette en place un schéma ultra-offensif pour que Ruben Vargas ou Admir Mehmedi occupent la place de Fernandes.

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