Zoologie - La mante dragon met le paquet pour attirer le mâle
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ZoologieLa mante dragon met le paquet pour attirer le mâle

Des chercheurs ont découvert que les femelles de cette espèce gonflent une étrange glande verdâtre en forme de Y pour signifier qu’elles sont prêtes à se reproduire.

par
Michel Pralong
Ressemblant à une feuille, la mante dragon femelles gonfle un étrange appendice au bas de son dos pour s’accoupler.

Ressemblant à une feuille, la mante dragon femelles gonfle un étrange appendice au bas de son dos pour s’accoupler.

Christian J. Schwarz

Les mantes dragons (Stenophylla lobivertex) sont une espèce très rare de mantes religieuses et des chercheurs viennent pour la première fois d’observer l’étrange comportement des femelles au moment de la reproduction. Elles gonflent une glande verdâtre qui jaillit de leur abdomen. En forme de Y, elle peut bouger comme des tentacules. Cette excroissance, brillante la nuit, ne semble pas servir à attirer le regard du mâle mais émet des phéromones qui lui signalent que la femelle est prête à se reproduire, explique LiveScience.

Les femelles ne gonflent cette excroissance que la nuit et lorsqu’elles ne sont pas dérangées. À la moindre perturbation, l’animal rétracte immédiatement cet appendice. Les chercheurs ont pu observer ce comportement chez une mante dragon à l’état sauvage en Amazonie péruvienne et sur trois autres dans un élevage en Allemagne. «Quand j’ai vu ces structures ressemblant à des asticots jaillir de l’arrière de la mante religieuse, j’ai d’abord immédiatement pensé à des parasites qui dévoreraient l’animal de l’intérieur, car ce n’est pas vraiment rare chez les insectes», a expliqué Frank Glaw, l’un des deux auteurs de l’étude publiée dans le «Journal of Orthoptera Research».

Un moyen plus efficace pour se trouver

Ces mantes dragons, qui ressemblent à des feuilles, mesurent 40 mm de long et cette glande, une fois gonflée, atteint les 6 mm. Les scientifiques estiment que celle-ci pourrait diffuser plus efficacement et de manière plus précise des phéromones, ce qui aiderait les mâles à trouver plus facilement les femelles. «Cela peut être très important, en particulier pour les espèces rares à faible densité de population», conclut Christian Schwarz, l’autre auteur de l’étude. Chez de nombreuses espèces de mantes religieuses, la femelle dévore le mâle durant l’accouplement. L’étude ne précise pas si c’est aussi le cas chez la mante dragon.

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