Football: La meilleure entame depuis vingt-deux ans
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FootballLa meilleure entame depuis vingt-deux ans

Les dernières secondes de la peur en Andorre ne doivent pas masquer l'essentiel.

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Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka se congratulent au coup de sifflet final après la qualification de la Suisse pour le Mondial (Dimanche 12 novembre 2017).

Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka se congratulent au coup de sifflet final après la qualification de la Suisse pour le Mondial (Dimanche 12 novembre 2017).

Keystone
Dans le temps additionnel, Ricardo Rodriguez a sauvé toute une nation en dégageant un ballon de but nord-irlandais sur la ligne (Dimanche 12 novembre 2017).

Dans le temps additionnel, Ricardo Rodriguez a sauvé toute une nation en dégageant un ballon de but nord-irlandais sur la ligne (Dimanche 12 novembre 2017).

Keystone
Victorieuse 1-0 en Irlande du Nord, la Suisse a conservé son avantage avec un match nul 0-0 à Bâle (Dimanche 12 novembre 2017).

Victorieuse 1-0 en Irlande du Nord, la Suisse a conservé son avantage avec un match nul 0-0 à Bâle (Dimanche 12 novembre 2017).

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Pour la première fois depuis vingt-deux ans, la Suisse entame une campagne de qualification par trois succès.

En 1994, la sélection alors dirigée par Roy Hodgson s'était imposée 4-2 devant la Suède, 1-0 devant l'Islande et 2-1 en Turquie pour finalement obtenir son billet pour l'Euro 1996. Aujourd'hui, les victoires devant le Portugal (2-0), en Hongrie (3-2) et en Andorre (2-1) ne placent pas l'équipe de Suisse sur une voie aussi royale. On le sait, seule la première place est synonyme de qualification directe pour la Coupe du monde de Russie. Et il y a ce match retour à négocier le 10 octobre prochain au Portugal lors de l'ultime rencontre de ce tour préliminaire.

Une alerte aussi soudaine que brutale

Au pays de Ronaldo, il est d'ores et déjà acquis que la Suisse n'obtiendra pas sa qualification à la faveur de la différence de buts si le Portugal revient à sa hauteur au classement. Mais la possibilité que la Suisse soit déjà qualifiée avant ce match du 10 octobre existe. Vladimir Petkovic et ses joueurs sont capables de gagner leurs six prochains matches. L'alerte aussi soudaine que brutale qui a sonné en Andorre leur rappellera qu'aucune rencontre n'est gagnée d'avance. Même avec 72 % de possession comme ce fut le cas lundi soir.

Le Portugal pourrait, en revanche, tout perdre le 3 septembre à Budapest. En Hongrie, Ronaldo et les siens découvriront, à une date qui ne leur convient guère dans la mesure où elle tombe bien tôt dans leur saison, à leur tour toute la difficulté de s'imposer en Hongrie. Même dans l'hypothèse que les Hongrois ne seraient plus en course pour une place de barragiste, ce match ne sera pas aisé à négocier dans ce pays où les politiques ont fait du football une priorité nationale.

Ce même 3 septembre, la Suisse sera en Lettonie contre une équipe qui vient de perdre à deux reprises à domicile sur le même score de 2-0 devant les Féroé et la Hongrie. A Riga, il apparaît bien improbable que Vladimir Petkovic s'adonne au même turnover qu'en Andorre qui était destiné, dit-il, «à insuffler un peu de fraîcheur mentale et physique à l'équipe». L'explication n'est peut-être pas la bonne. Lundi soir, les changements opérés l'ont plutôt été dans le but de favoriser la vie «sociale» du groupe, de donner du temps de jeu à des éléments qui, au fil des matches, peinent à assumer leur statut de doublure. On pense en premier lieu à Roman Bürki, à Michael Lang et à Timm Klose.

Une «première» depuis 2010

La titularisation de Gelson Fernandes en ligne médiane entre également dans cette même réflexion. Parfait «team player» comme il aime à se décrire, le Valaisan n'avait plus entamé un match à enjeu depuis le funeste 0-0 contre le Honduras lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. En Andorre, Vladimir Petkovic a sans doute compris que Gelson Fernandes était avant tout un merveilleux joueur d'appoint que l'on fait rentrer quand le match s'emballe comme face à la Pologne lors du huitième de finale de l'Euro. Dans ce rôle de sentinelle qui lui était dévolu lundi soir, il a souffert de la comparaison avec Behrami. Il est vrai que la question d'aligner une sentinelle contre une équipe aussi défensive qu'Andorre peut se poser. Titulariser un Blerim Dzemaili ou un Denis Zakaria, qui a été à l'origine du 2-0, n'aurait pas été une mauvaise idée.

Un grand «gagnant» sort de ce match d'Andorre où il n'aura fallu défendre que deux minutes: Stephan Lichtsteiner. Le capitaine aurait sans doute offert davantage que Lang sur le flanc droit. Sa grinta et sa force de pénétration ont manqué lundi soir. Les émissaires du FC Barcelone qui étaient montés en Principauté pour l'observer sont désormais condamnés à se rendre à Lucerne le 13 novembre prochain. Face aux Féroé, Stephan Lichtsteiner jouera davantage qu'un simple match international. Il devra convaincre les recruteurs des grands clubs qu'il est encore capable à 32 ans de déborder, de centrer, voire de marquer. Son départ de la Juventus lors de la trêve hivernale semble, en effet, inéluctable.

(si)

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